Le taux de chômage ramené à 9% fin juin

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Le gouvernement a recensé 26.500 chômeurs de moins fin juin par rapport à mai. Pour la première fois depuis avril 2002, le taux de chômage a été ramené à 9%. Dominique de Villepin espère passer sous la barre des deux millions de chômeurs début 2007.

Le chômage continue de se résorber en France. Le nombre de chômeurs a reculé de 1,17% en juin (- 26.500 personnes), totalisant 2.186.000 personnes, et le taux de chômage revient à 9% pour la première fois depuis avril 2002, le Premier ministre espérant un passage sous la barre des deux millions de chômeurs début 2007.

Devançant la publication des chiffres officiels, Dominique de Villepin a annoncé jeudi dans la matinée, lors d'un déplacement à Garges-les-Gonesse (Val-d'Oise), une nouvelle baisse en juin de "plus de 25.000 chômeurs". Il a fixé comme objectif pour son gouvernement de passer sous la barre des deux millions de chômeurs "au début de l'année prochaine". "Quand nous sommes arrivés, il y a un peu plus d'un an, il y avait dans notre pays 2,5 millions de chômeurs. Nous sommes aujourd'hui à 2,2, donc 300.000 chômeurs en moins au cours de ces derniers mois", s'est félicité le Premier ministre, ajoutant vouloir "aller plus loin".

"Nous voulons passer en dessous de la barre des deux millions", a-t-il dit, rappelant que ce cap des deux millions a été dépassé en 1983. "Il s'agit de revenir sur 23 années de chômage de masse", a-t-il ajouté. Entamée il y a dix-huit mois, en février 2005, la baisse du chômage s'est poursuivie en juin, avec 26.500 demandeurs d'emploi en moins (- 1,17%), après une baisse de 48.900 demandeurs d'emploi en mai, selon les chiffres du ministère de l'Emploi.

Le taux de chômage au sens du BIT est ainsi ramené à 9% (-0,1 point). La baisse est de 1,2 point depuis février 2005, premier mois où la tendance a été inversée. Le recul du nombre des demandeurs d'emploi depuis février a concerné 286.000 personnes, soit une baisse de 12%.

Commentant ces chiffres aujourd'hui devant la presse, le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo a estimé que ce résultat était "conforme" à son "analyse" lors du lancement du plan de cohésion sociale, en janvier 2005. "S'il n'y avait pas eu le plan, on serait à plus de 11% de chômage", a-t-il dit, évoquant son "agacement" il y a dix-huit mois, à l'égard de "ceux qui ricanaient, y compris certains membres du gouvernement", lors de la présentation du plan.

La baisse du nombre des demandeurs d'emploi, alors que la croissance reste relativement faible, est due essentiellement, a-t-il dit, aux mesures du plan - dossier unique du demandeur d'emploi, référent, convention de reclassement personnalisé, etc -, à la progression des services à la personne et du secteur de la construction.
L'affirmation, avancée par certains syndicats, que la baisse du chômage résulterait largement d'une augmentation des radiations de demandeurs d'emploi, moyennant un suivi plus étroit par les agents de l'ANPE, est démentie par le ministre : "cela fait dix ans", observe-t-il, "que les gens sont radiés dans la même proportion, entre 34.000 et 40.000 chaque mois, cela n'a pas varié".

Jean-Louis Borloo a réfuté aussi l'idée que le ralentissement de l'accroissement de la population active en France puisse engendrer automatiquement une baisse du chômage. C'est pourtant un des arguments avancés par le PS, qui a dénoncé jeudi "le décalage complet" entre "les cris de triomphe" du gouvernement concernant le chômage "et la réalité" : ce gouvernement bénéficie d'une situation démographique qui fait qu'aujourd'hui, il n'y a que 50.000 nouvelles arrivées chaque année sur le marché de l'emploi, alors que sous le gouvernement de gauche, on était à 200.000 arrivées", a déclaré Alain Vidalies, secrétaire national aux entreprises. En revanche, Jean-Louis Borloo s'est élevé contre les inégalités entre territoires concernant le chômage, annonçant qu'il ferait de ce dossier "son combat de la rentrée".

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