Rachat de la Guangdong Bank : coup de gueule de la Société Générale

La Société Générale réagit aux rumeurs récurrentes de victoire face à elle du géant américain Citigroup pour le rachat de la Guangdong Development Bank chinoise. Elle réclame une clarification du processus de sélection.

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La Société Générale se fâche. Elle réagit ce jeudi à la nouvelle rumeur d'une victoire face à elle du géant financier américain Citigroup pour le rachat de la banque chinoise Guangdong (GDB), qui fait face à des difficultés financières. Elle estime qu'il s'agit d'une fausse information et surtout réclame une clarification du processus d'établissement. Le groupe bancaire français emploie même pour justifier ce coup de gueule un argument original: il estime que ces rumeurs et démentis et le temps pris pour décider de qui reprendra la banque "menacent le futur de la Guangdong Development Bank dont les 12.000 employés sont dans l'incertitude depuis un an maintenant."

Pas sûr que cette mise au point musclée plaise beaucoup aux autorités chinoises et renforce les chances, a priori déclinantes, de la Société Générale de l'emporter dans ce dossier. A moins que le groupe bancaire dirigé par Daniel Bouton ne considère que les jeux sont déjà faits en sous-main à son désavantage et qu'il ne court aucun risque à ruer ainsi dans les brancarts.

Mercredi, l'agence de presse Chine Nouvelle, très proche du pouvoir à Pékin, annonçait que Citigroup avait été autorisé à racheter une partie de la Guangdong Development Bank et que l'accord de reprise avait été approuvé par la Commission de régulation du secteur bancaire. Elle précisait que Citigroup allait acquérir 25% de la Guangdong Development Bank, via sa filiale Associates First Capital.

C'est la deuxième fois en moins de deux mois que les médias chinois annoncent la victoire de Citigroup face à la Société Générale dans cette bataille pour la GDB. En décembre 2005, Citigroup avait mis sur la table 24,1 milliards de yuans soit 3 milliards de dollars pour reprendre toute la banque. Mais l'opération a dû être modifiée en raison des plafonds de participation imposés aux groupes étrangers (20% pour une société étrangère et 25% pour un groupe d'investisseurs étrangers).

Citigroup a même engagé l'ancien président américain George Bush père pour intervenir en sa faveur auprès du gouvernement chinois. Plusieurs banques étrangères ont pris des participations dans des établissements chinois, comme Bank of America, le troisième groupe bancaire américain, et la britannique HSBC, déjà très implantée à Hong Kong.

Les autorités chinoises misent sur les investisseurs étrangers pour aider à la restructuration d'un secteur bancaire déjà important - il n'est pas cependant à la taille du pays, beaucoup de secteurs étant encore peu bancarisés - mais aussi fragile, miné par d'énormes montants de créances douteuses qui ont obligé Pékin à créer de nombreuses structures de defaisance à côté desquelles le CDR français, créé pour gérer les actifs douteux du Crédit Lyonnais, fait figure de nain.

Lors de son entrée à l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce, en 2001, la Chine s'était engagée à ouvrir le secteur financier à la concurrence étrangère fin 2006.

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