Vingt ans de banco pour les Têtes raides

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Dans un album plus abouti que le précédent, le groupe poético-réaliste retrouve son univers et tente quelques échappées belles dans des territoires jusqu'alors inexplorés.

Ils sont de retour, les Têtes Raides, avec leur nouvel album "Banco". Un album sur la route, de bals en bastringues, de petites salles de quartiers en théâtres improvisés comme toujours depuis 20 ans que ce groupe inclassable existe, depuis qu'il est né, on s'en souvient, dans les petites salles de l'Essonne. Un album "banco" - cash, comme on dirait aujourd'hui - qui sent bon le passé. Et qui se dirige vers quelques territoires inexplorés.

Les aficionados de ce groupe, qui se renouvelle, retrouveront les délices de ces textes ciselés, qui semblent jetés à la va-comme je-te-pousse et qui ne dévoilent leurs secrets au fil des minutes. Ils retrouveront, entre chanson réaliste et textes surréalistes, entre rock et poésie, l'accordéon et les cuivres quelques peu abandonnés dans leur dernier album "Fragile", lequel avait désarçonné quelques uns de leurs "fanas".

Ils retrouveront avec "J'ai menti" l'univers musical des Têtes Raides. Comme un air de "Ginette", ce tube, ou ce qu'il en tient lieu dans le monde des Têtes Raides. Ce morceau qui lance la main Christian Olivier pour un smash dans le lustre qui se balance... Ils retrouveront, avec "Expulsez-moi", au titre explicite, l'univers politique de ce groupe qui, en vingt ans, n'a pas oublié en chemin ses emportements et ses révoltes.

Les Têtes Raides tentent le "banco" de quelques échappées belles dans des territoires inexplorés jusqu'alors. Un alerte invité mélange une guitare maghrébine au violoncelle d'Anne-Gaëlle ("La bougie"). Mais n'est ce pas la continuation de l'histoire des Têtes Raides que de s'ouvrir à d'autres cultures? La surprise est, en revanche, vraiment au rendez-vous avec "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier". Un long morceau de quelques 20 minutes, un texte sur le sens de la vie rédigé en 1952 par l'auteur suédois Stig Dagerman. Il est lu avec toute la rage par un Christian Olivier qui explore les zones du slam. Nul doute qu'il y reviendra.

On doit découvrir ce dernier opus dans une salle de concert, comme toujours avec les Têtes Raides, pour apprécier le pur moment de plaisir qu'ils nous donnent (Les dates sont disponibles sur leur site www.tetesraides.fr). C'est là que depuis vingt ans, ils jouent leurs va-tout. Ce n'est qu'après, une fois le bonheur du spectacle disparu, que l'écoute du disque prend alors toute sa saveur.

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