Texte intégral du projet de Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle - 1ère partie

 |  | 3639 mots
Lecture 17 min.
Voici le texte intégral du projet élaboré par Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP.

- Mettre fin à l'impuissance publique
- Une démocratie irréprochable
- Vaincre le chômage
- Réhabiliter le travail
- Augmenter le pouvoir d'achat
- L'Europe doit protéger dans la mondialisation
- Répondre à l'urgence du développement durable
- Permettre à tous les Français d'être propriétaires de leur logement
- Transmettre les repères de l'autorité, du respect et du mérite
- Une école qui garantit la réussite de tous les élèves
- Mettre l'enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux
- Sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation
- Maîtriser l'immigration
- De grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables
- Fiers d'être français

Lettre de Nicolas Sarkozy

Mes chers concitoyens

Je veux être le président de la République qui réformera la France. S'il veut rester lui-même, notre pays a besoin de changements profonds. Je veux être le président de la République qui tiendra ses engagements. C'est pourquoi je veux vous dire aujourd'hui tout ce que, demain, nous ferons ensemble. La France traverse une crise moral : celle du travail. La réhabilitation du travail est au coeur de mon projet présidentiel. Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas. Je ne me déroberai pas. Je vous demande votre confiance pour qu'ensemble tout devienne possible.

Nicolas Sarkozy


Ensemble, tout devient possible

Depuis vingt-cinq ans, nous vivons dans la résignation. D'année en année, on vous répète que contre le chômage l'exclusion, les injustices, l'échec scolaire, et maintenant contre la précarité, les délocalisations, la pollution, on ne peut rien. On vous explique que la politique ne peut plus agir parce que l'Europe agit à sa place. On vous fait croire que l'Etat ne peut plus intervenir parce que la mondialisation a anéanti le pouvoir des Etats. On vous prétend qu'il n'y a que deux choix possibles : périr ou bien nous adapter, c'est à dire renoncer à nos valeurs, à notre culture, à nous-mêmes.

Je vous propose d'en finir avec ce fatalisme, avec ce renoncement, avec cette résignation.

Je crois que le pouvoir existe encore. Je suis convaincu qu'il n'y a pas de fatalité. Je sais que la politique peut encore beaucoup de choses. C'est pour cette raison que je lui ai consacré toute ma vie et que je me présente aujourd'hui à vos suffrages. D'autres pays ont réussi en Europe. Il n'y a aucune raison que la France ne réussisse pas à son tour. Tout mon projet est de permettre à notre pays de relever les défis qui sont les siens aujourd'hui, sans rien renier de ce qu'il est, de ce que sont ses valeurs, de ce qu'est notre identité. Je crois qu'ensemble c'est possible. J'ai voulu vous le présenter dans un document bref. Je ne peux pas tout y dire, répondre à toutes vos préoccupations, évoquer toutes vos souffrances. Au-delà des mesures, j'ai surtout voulu vous présenter les valeurs qui fondent mon projet. Ce sont celles du travail, de l'autorité, de l'honnêteté, de la fraternité et de la grandeur de la France. Cela fait des années que la politique n'ose même plus en parler. Je veux les femmes au coeur de la vie politique française. Elles guideront mon action pendant les cinq prochaines années si vous m'élisez à la présidence de la République.

1- Mettre fin à l'impuissance publique

Le premier rôle de la politique, c'est de faire fonctionner l'Etat. La mondialisation ne disqualifie nullement le rôle des Etats. Au contraire. Dans la mondialisation, les pays qui échouent sont ceux dont l'Etat est inefficace, entrave, empêche ; ceux qui réussissent sont ceux dans lesquels l'Etat facilite, incite, soutien. Rien ne se fera donc avec un Etat qui continue à fonctionner comme aujourd'hui. Je crois dans un Etat ouvert, équilibré, soucieux de faire agir tout le monde ensemble. Mais je crois aussi dans un Etat fort, qui fait des choix, mène des politiques, et plus, que tout, poursuit l'intérêt général, l'intérêt de notre nation.

Vous êtes de plus en plus nombreux à ne plus croire dans la politique. Vous ne supportez plus la concentration des pouvoirs entre les mains d'une petite élite, l'impuissance publique, le manque de courage. Vous avez raison. Mais en même temps, vous savez bien que ces dérives n'ont rien à voir avec nos institutions parce que vous avez le souvenir d'hommes et de femmes qui ont su mettre cette République au service de la grandeur de notre pays. La Ve république a été créée à un moment où la France traversait l'une des plus graves crises de son Histoire. Ce n'est pas en la démolissant en inventant une nouvelle République sur laquelle on ne sait rien que l'on répondra aux difficultés qui sont les nôtres aujourd'hui. C'est pourquoi je défendrai la Ve république, tout en changeant la pratique, les comportements, les mentalités. Si je suis élu, mon gouvernement sera limité à 15 ministres pour être plus efficace. Je demanderai aux ministres de s'engager sur des objectifs, et j'évaluerai régulièrement leur travail. Il y aura moins de lois, mais elles seront appliquées.

Je vous associerai au choix des réformes. Je crois que l'on prend de meilleures décisions si l'on prend le temps d'écouter ceux qui sont concernés sur le terrain, et que les réformes sont mieux appliquées si chacun a pu au préalable les comprendre et les accepter. 10% du corps électoral pourront demander au Parlement de se prononcer sur un texte de loi.

Je m'appuierai fortement sur le dialogue social, qui est un des grands manques de note pays. Cela suppose de le moderniser profondément. Il faut que vous vous sentiez réellement représentés par vos syndicats et que vous puissiez, par votre vote, approuver ou sanctionner les décisions qu'ils prennent en votre nom. J'instituerai donc la liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles et seuls les résultats des élections permettront de dire quels sont les syndicats représentatifs. Après huit jours de grève, un vote à bulletin secret sera obligatoire. Chacun pourra continuer à faire grève même en cas de vote négatif, mais une minorité ne pourra plus faire croire qu'elle représente l'avis de la majorité. Je crois résolument dans le service public, à son rôle pour l'égalité des chances. C'est pourquoi il est essentiel d'assurer sa présence dans les quartiers en difficulté, en milieu rural, outre-mer. Mais je veux que le service public soit au service du public. Je souhaite que son fonctionnement et ses horaires d'ouverture répondent mieux à vos attentes. Dès l'été, une loi créera un service minimum garanti en cas de grève. En échange des efforts que je leur demanderai, nos fonctionnaires seront plus considérés, mieux payés, et leurs carrières seront plus valorisantes.

2- Une démocratie irréprochable

L'honnêteté et l'impartialité de l'Etat sont à mes yeux des valeurs absolues. Je veux que vous ayez totalement confiance dans vos élus, dans voter démocratie, car c'est la force des grandes nations.

Je limiterai à deux le nombre de mandats du président de la République. Je rendrai compte régulièrement de mon action devant les Français et devant le Parlement. Je renforcerai les pouvoirs de celui-ci, notamment de l'opposition, parce que je ne veux pas gouverner seul et que je pense qu'une démocratie se protège des risques de dérive lorsqu'elle est capable d'organiser et d'accepter ses propres contre-pouvoirs.

La maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit. Mais je veux aussi vous dire que la dette est la conséquence de l'échec de nos politiques antérieures. C'est pourquoi mon projet concilie trois objectifs : engager les réformes dont notre pays a besoin, baisser les impôts, réduire la dette et le déficit. Il est intégralement financé par des économies sur les dépenses existantes. Je ferai en sorte qu'à l'avenir il soit interdit de financer les dépenses de tous les jours par de la dette.

Je veux que les nominations aux fonctions les plus importantes de l'Etat se fassent sur des critères de compétences et de hauteur de vue, et non pas sur des critères de proximité avec le pouvoir politique en place. Les candidats à ces nominations seront auditionnés publiquement par le Parlement et celui-ci pourra mettre son veto à leur nomination.

Je veillerai rigoureusement à l'indépendance de la justice, notamment en lui donnant les moyens nécessaires à sa mission. Mais la justice ne peut pas être un pouvoir à côté des autres, sans aucun contrôle, ni contre-pouvoir. Rendue en votre nom, elle doit vous rendre des comptes. C'est pourquoi je veux que le Conseil supérieur de la magistrature soit composé majoritairement de non-magistrats, que vous puissiez le saisir si vous vous estimez victimes de la négligence ou de la faute d'un magistrat, et que vous participiez aux jugements des affaires délictuelles les plus graves.

Enfin, je souhaite que notre pays progresse sur la voie des libertés. Plus aucun citoyen ne devra craindre d'être placé sans défense en prison comme cela s'est passé dans la terrible affaire d'Outreau. Je créerai une procédure d'habeas corpus, qui garantira que personne n'est envoyé, ni maintenu en prison, sans qu'une juridiction collégiale statuant en audience publique ne se soit prononcée. Je veux également réformer en profondeur nos prisons pour qu'elles soient un lieu de préparation de la réinsertion, pas un lieu d'aggravation de la relégation.

3- Vaincre le chômage

J'ai voulu vous parler en premier de l'Etat et de nos institutions parce que, sans un Etat fort, dans lequel vous avez pleinement confiance, nous ne pourrons rien faire. Mais je sais que le chômage, et plus largement la précarité du travail, sont votre principale préoccupation. Depuis vingt-cinq ans, on vous dite que le plein emploi est impossible et que le chômage est une fatalité. Rien n'est plus faux.

Je veux d'abord vous convaincre que partager le travail n'a jamais été une solution contre le chômage. Les 35 heures ont-elles permis de créer des emplois ? Nullement. Avec elles, vous avez plus de temps pour vous, mais vos salaires sont gelés. Vous avez moins de pouvoir d'achat, vous consommez moins. C'est toute l'économie qui s'est artificiellement réduite.

Plutôt que de consacrer tant d'argent à payer les Français pour qu'ils travaillent moins, nous devons tout faire pour être plus nombreux à travailler, car l'activité des uns crée le travail des autres. C'est pourquoi, si je suis élu, l'étudiant qui travaille ne paiera pas d'impôt, le retraité qui veut travailler et toucher sa retraite pourra le faire, notre pays aidera les entreprises à donner du travail aux seniors au lieu de les encourager à s'en séparer. L'ANPE, l'Unedic, les Maisons de l'emploi seront réunies en un seul service public de l'emploi qui interviendra immédiatement et de manière personnalisée pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de trouver ou retrouver un emploi beau coup plus rapidement qu'aujourd'hui. Je veux que les femmes, notamment les mères isolées, soient spécialement aidées à retrouver des emplois stables à temps complet.

Mais, contre le chômage, il faut aussi que nous changions de politique économique. J'ose même dire : il faut que nous ayons une politique économique qui agit, et non qui subit. J'investirai massivement dans la formation, dans la recherche et l'innovation, dans le développement du commerce, de l'artisanat et des PME. Tout doit être fait pour permettre à nos PME de grandir et pour que notre pays crée les centaines de milliers d'emplois qui peuvent l'être dans les nouveaux segments de l'économie. Je rapprocherai la fiscalité des entreprises de la moyenne européenne car il est évident que personne ne viendra créer des emplois chez nous si notre fiscalité continue à être la plus dissuasive d'Europe. Je ferai tout pour réduire la fiscalité qui pèse sur le travail.

Contre les délocalisations, je mettrai en oeuvre une politique industrielle en choisissant les secteurs stratégiques sur lesquels concentrer nos efforts. Notre pays doit garder des usines. L'exemple d'Alstom montre qu'il est possible et utile de nous battre pour notre industrie. Je soutiendrai aussi l'agriculture e l'industrie agroalimentaire. Elles sont indispensables à notre indépendance alimentaire et désormais énergétique, et sont une force économique de premier plan. Enfin, je ferai en sorte que l'euro devienne un outil de croissance, d'emploi et de puissance économique. Si nous avons fait l'euro, c'est pour nous en servir.

Grâce à ces mesures, en cinq ans, nous pouvons atteindre le plein emploi, c'est à dire un chômage inférieur à 5 % et un emploi stable à plein temps complet pour tous. C'est de cette manière que nous pourrons vraiment réduire la pauvreté, l'exclusion et la précarité.

4- Réhabiliter le travail

Le chômage de masse, la précarité du travail, les 35 heures n'ont pas seulement fragilisé notre société et notre économie. Ils ont dévalorisé le travail. Notre pays est devenu celui qui travaille le moins en Europe. Nous ne pouvons pas continuer sur cette voie. Je veux rappeler que le travail est une condition de la liberté et de la dignité, qu'il est le moteur de la promotion sociale, de la croissance, que tout doit être fait pour donner du travail à ceux qui n'en ont pas, mais également qu'il n'est pas acceptable que certains refusent de travailler alors qu'ils le pourraient. Je veux réhabiliter le travail et au-delà, la mérite, l'effort, le goût du risque.

Je ferai en sorte que les revenus du travail soient toujours supérieurs aux aides sociales et que les titulaires d'un minimum social aient une activité d'intérêt général afin d'inciter chacun à prendre un emploi plutôt qu'à vivre de l'assistanat.

Ceux qui font l'effort de travailler doivent bénéficier d'une vraie protection contre le chômage et contre les aléas de l'économie. Avec les partenaires sociaux, je créerai la sécurité sociale professionnelle. Elle ne supprimera pas le chômage, pas plus que la Sécurité sociale n'a supprimé la maladie. Mais elle permettra à chacun de surmonter au mieux et au plus vite cette difficulté. Une personne licenciée pour des raisons économiques ne perdra pas son contrat de travail ; celui-ci sera transféré au service public de l'emploi qui lui garantira 90 % de sa rémunération antérieure aussi longtemps que nécessaire, pour suivre une formation qualifiante, trouver un nouvel emploi, essayer un nouveau métier. En revanche, il ne sera plus possible de refuser plus de deux emplois sans justification. Pour les futures embauches, nous créerons un contrat de travail unique, plus souple pour les entreprises pour qu'elles soient incitées à embaucher, plus sécurisant pour les salariés car il sera à durée indéterminée pour tous.

Pour garantir l'égalité des chances et permettre à chacun de s'adapter aux évolutions de l'économie, nous créerons un compte individuel d'épargne de formation, afin que chacun puisse, à tout moment de sa carrière, suivre une formation vraiment qualifiante lui permettant de changer de métier, de secteur ou d'atteindre une qualification supérieure. Réhabiliter le travail, c'est aussi ne plus accepter la pénibilité de certains emplois, le stress de certaines situations professionnelles.

Enfin, je tiens à vous dire qu'aussi fort que je crois dans l'importance d'une démocratie irréprochable, je crois dans l'éthique du capitalisme. Je n'accepte pas, et des milliers d'entrepreneurs avec moi, que le travail salarié et l'esprit d'entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s'octroie une toute petite minorité de patrons. Je n'accepte pas qu'au niveau mondial, pour des raisons de pur profit, on joue avec les salariés et avec les usines comme on déplace des pions sur un jeu de société. Je proposerai à nos partenaires de l'Union européenne d'édicter des règles pour que ceux qui veulent investir en Europe soient les bienvenus, mais qu'ils se comportent humainement, en respectant les hommes et les femmes, en respectant le travail, conformément à notre culture qui place l'être humain au sommet de toute chose. Je renforcerai le capitalisme familial.

5 - Augmenter le pouvoir d'achat

Depuis des années, on vous dit que votre pouvoir d'achat augmente. C'est faux. Avec l'euro qui a fait augmenter les prix, les 35 heures qui ont gelé les salaires, le coût du logement qui a explosé, et nos impôts qui sont parmi les plus élevés au monde, le pouvoir d'achat baisse en France. Mais ceux qui vous promettent que nous aurons plus de pouvoir d'achat en travaillant moins et en en changeant rien, ne vous disent pas la vérité non plus.

Je veux être le Président du pouvoir d'achat. Pour cela, je permettrai d'abord à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de le faire, dans le secteur privé comme dans le secteur public. Les heures supplémentaires seront toutes payées au moins 25 % de plus que les heures normales, et elles seront exonérées de toute charge sociale et de tout impôt. En travaillant quatre heures de plus par semaine, un salarié rémunéré au SMIC gagnera immédiatement 165 euros net de plus par mois.

Les salaires sont trop bas dans notre pays. Je demanderai aux entreprises de faire un effort sur les salaires car l'Etat fait lui-même un effort sur les allégements de charges. Dès le mois de juin, je réunirai une conférence avec les partenaires sociaux afin que l'égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes soit totale d'ici 2010. Les femmes subissent plus que les hommes les salaires trop bas, le travail précaire, le sous-emploi, l'absence de formation.

Je n'augmenterai pas les impôts, mais au contraire ferai tout pour les baisser. Je ne vois pas quelle gloire on peut tirer du fait que nos impôts sont quatre points plus élevés que la moyenne de l'Union européenne à 15.

Je comprends la forte inquiétude des personnes âgées qui, depuis dix ans, subissent une véritable érosion de leur pouvoir d'achat sous l'effet de la pression fiscale. C'est pour cela que je suis autant soucieux de réduire les impôts. J'augmenterai de 25 % le minimum vieillesse, je revaloriserai les petites retraites et les pensions de réversion pour que ces retraités vivent mieux. Ces mesures seront financées grâce aux économies que j'obtiendrai en réformant les régimes spéciaux de retraite.
Je veux mener des politiques sociales ambitieuses, lutter contre la pauvreté, notamment celle des enfants, investir dans les équipements et les services publics. Mais tout cela ne sera possible que si, d'abord, nous créons plus de richesses marchandes. Voilà pourquoi je veux vous dire la vérité: nous devons collectivement enrichir note économie et travailler davantage.

6- L'Europe doit protéger dans la mondialisation

Je suis un Européen convaincu. Je sais jusque dans ma propre histoire ce qu'il en a coûté à l'Europe d'être divisée. Mais je n'ai pas dit oui à la construction européenne tout au long de ces années pour avoir l'Europe que nous avons aujourd'hui. L'Europe ne doit pas être le cheval de Troie d'une mondialisation réduite à la circulation des capitaux et des marchandises, mais doit au contraire protéger ses peuples dans la mondialisation.

L'Europe est d'abord une grande culture. Elle doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers. Elle doit défendre les droits de l'homme, la démocratie, la protection des plus faibles, la solidarité, la protection de la nature.

L'Europe doit ensuite préserver les intérêts de ses peuples. Je réhabiliterai la préférence communautaire, c'est à dire le droit, pour l'Europe, lorsque c'est son intérêt, notamment à l'OMC, de préférer et donc de protéger ses produits, ses entreprises, ses marchés. L'Europe ne doit pas se résigner aux délocalisations, mais au contraire tout faire pour que l'activité se localise en Europe. C'est ce que nous ont dit ceux qui ont voté non au référendum sur le projet de Constitution. C'est un fait politique. Je veux leur dire que je les ai entendus.

Enfin, l'Europe doit nous permettre de faire à plusieurs ce que seuls nous faisons moins bien : notamment la politique migratoire et le développement, la politique industrielle et la recherche, le développement durable. Je soutiendrai la PAC car elle est la condition de l'indépendance alimentaire de toute l'Europe. Nous avons fait l'Europe pour agir, pas pour subir. Nous avons fait l'Europe pour exprimer une volonté commune, pas pour organiser notre renoncement collectif.

Pour toutes ces raisons, je veux que l'Europe ait des frontières, et je m'opposerai à l'entrée de la Turquie. J'ai proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n'a contestées pendant la campagne référendaire, afin que l'Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 états membres. La question de la réécriture d'un texte plus global, scellant la dimension fondamentalement politique de l'Europe, se posera dans un second temps.

(lire la suite ci-contre)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :