La justice allemande interdit la grève des cheminots qui devait débuter jeudi

Le tribunal de Nuremberg a interdit en référé jusqu'au 30 septembre la grève des conducteurs de trains allemands, censée être la plus importante du secteur depuis quinze ans. Motif invoqué: la grève causerait un énorme préjudice à l'économie allemande.

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Les cheminots allemands ne débuteront pas leur grève jeudi comme ils l'avaient prévu. Le tribunal du travail de Nuremberg vient d'interdire en référé jusqu'au 30 septembre un tel mouvement social, a annoncé mercredi la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn. Cette grève, en faveur de laquelle plus de 95% des conducteurs de trains et autres personnels roulants de l'entreprise s'étaient prononcés, devait démarrer jeudi. Elle s'annonçait comme la plus importante du secteur depuis quinze ans.

Le tribunal situé dans le sud-ouest du pays a motivé sa décision sur le fait qu'une telle grève pendant la période de pointe pour les voyages en Allemagne causerait un énorme dommage à l'économie allemande. L'interdiction concerne tous les trains de fret ainsi que ceux assurant les liaisons sur les grandes lignes de voyageurs.

Cette grève a été lancée par le syndicat des conducteurs GDL qui réclame pour cette catéorie de personnels une augmentation salariale de 31%, alors que le dernier accord en date signé à la Deutsche Bahn prévoit une augmentation des salaires de 4,5% sur 19 mois et une prime de 600 euros. La grève des conducteurs de trains de voyageurs devait démarrer lundi - le syndicat se refuse à faire grève le week-end - et celle des conducteurs de trains de marchandises dès jeudi, constituant une sorte de test vis-à-vis de la direction.

GDL, qui n'a pas signé l'accord salarial, en appelle depuis plusieurs jours au gouvernement allemand - la Deutsche Bahn est encore une entreprise plublique mais 49% de son capital devrait être bientôt privatisé - pour trouver une issue au conflit. Il est prêt à "accepter la médiation d'une personne neutre, indépendante et reconnue par les deux parties", a indiqué à l'AFP Maik Brandenburger, porte-parole du syndicat.

Cette décision du tribunal allemand fait hurler les cheminots CGT au moment où ce syndicat appuie le recours des députés socialistes contre la loi sur le service minimum auprès du Conseil constitutionnel. "Si le droit de grève c'est de ne plus gêner l'économie, il faut le supprimer", s'indigne Laurent Russeil, secrétaire adjoint de la fédération des cheminots CGT. L'Allemagne, qui fait confiance au pouvoir de négociation des partenaires sociaux pour régler les conflits, n'a pas de législation visant à garantir un service minimum dans les transports.

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