Polémique entre Ségolène Royal et le collectif "les Gracques"

La candidate PS à l'élection présidentielle critique vertement les hauts fonctionnaires proches des socialistes qui l'incitaient à se rapprocher du candidat UDF, François Bayrou. Une attitude "méprisante" selon une partie de ce groupe qui s'est surnommé "les Gracques", en référence à ces frères qui tentèrent de réformer le système politique de la Rome antique.

Les "Gracques" sont furieux. Ces anciens collaborateurs hauts fonctionnaires de gouvernements socialistes, qui ont lancé, sous couvert de l'anonymat, un appel en faveur d'une alliance PS-Bayrou dans une tribune publiée jeudi par l'hebdomadaire Le Point, ont jugé aujourd'hui "méprisante" la réponse de Ségolène Royal à leur appel en faveur "d'une coalition de progrès".

Leur ire a été déclenchée par la réaction de la candidate PS à la présidentielle, Ségolène Royal, qui a les a vertement renvoyé à leur passé sur France Info aujourd'hui, estimant que les Gracques n'étaient "pas les mieux placés" pour prôner le changement. "Ces anciens fonctionnaires sont pour la plupart passés dans le monde des affaires", a-t-elle dit, en les qualifiant "d'extrêmement libéraux".

Enfonçant le clou Ségolène Royal a rappelé que "les Gracques ont très mal fini dans l'Histoire". En effet,Tibérius Sempronius Gracchus et son frère Caius Sempronius Gracchus, surnommés "les Gracques", étaient deux hommes d'État romains, tribuns de la plèbe et tout deux fils du consul Tibérius Gracchus Sempronius, lui même, petit-fils de Scipion l'Africain. Ils sont renommés pour leur tentative infructueuse de réformer le système social romain et furent assassinés à l'issu de troubles qui agitèrent la ville de Rome en 133 avant J.C.

Ségolène Royal a donné là "le même type de réponse, un peu méprisante et populiste, qu'elle avait donnée à Eric Besson", a commenté un des membres des Gracques, qui a affirmé que le collectif "ne laisserait pas" les propos de la candidate PS "sans réponse".

Ce même du collectif a souligné que leur démarche était conduite dans un esprit de "dialogue constructif" à partir de la constatation du fossé entre le Parti socialiste et la gauche de la gauche.
Eric Besson, ancien secrétaire national à l'économie au PS, a claqué la porte du parti pour cause de désaccord avec la campagne de Mme Royal.

Selon le quotidien Libération on compte parmi les Gracques Roger Godinot, rocardien notoire, Jean-Pierre Jouyet ancien directeur-adjoint du cabinet de Lionel Jospin à matignon, Matthieu Pigasse directeur-adjoint du cabinet de Laurent Fabius lorsque celui-ci était ministre de l'Economie et des Finances, Bernard Spitz également réputé proche de Michel Rocard et Guillaume Hannezo, ancien conseiller économique de François Mitterrand à l'Elysée.

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