Concentration dans l'univers des jeux vidéo

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Les éditeurs de jeux vidéo attisent les appétits. Dimanche, le groupe français de médias et de télécoms Vivendi annonçait le rachat du numéro trois mondial, l'américain Activision, pour 18,9 milliards de dollars, donnant ainsi naissance au nouveau numéro un mondial, devant Electronics Arts. Ce lundi, les spéculations battaient leur plein autour du titre Ubisoft sur des rumeurs de rachat par ce dernier.

A la veille de Noël, les éditeurs de jeux vidéo aussi font leurs emplettes. Vivendi a donné le "la" dimanche en annonçant le rachat de l'américain Activision pour 18,9 milliards de dollars (12,3 milliards d'euros). Cette fusion donnera naissance à un nouvel ensemble baptisé Activision Blizzard, fort d'un chiffre d'affaires pro forma estimé à 3,8 milliards de dollars en 2007, dépassant ainsi l'actuel leader, Electronics Arts, dont le chiffre d'affaires était de 3,7 milliards de dollars en 2006.

L'opération est prévue en deux actes. Dans un premier temps, Vivendi apportera Vivendi Games (sa filiale jeux), valorisé à 8,1 milliards de dollars en plus de 1,7 milliard de dollars en cash, et ce en échange d'une participation d'environ 52% dans le nouvel ensemble. Ensuite, Activision Blizzard lancera une offre publique d'achat (OPA) sur ses propres titres au prix de 27,5 dollars par action.

Au final, Vivendi devrait détenir 68% du capital d'Activision Blizzard, qui sera coté sur l'indice Nasdaq à New York.

Activision Blizzard réunira ainsi les jeux à succès d'Activision tels que "Guitar Hero", "Call of Duty" et ceux de Vivendi Games, dont "World of Warcraft", vedette des jeux en ligne massivement multijoueurs. Pour Jean-Bernard Lévy, président du directoire de Vivendi, "cette alliance est une étape stratégique majeure pour Vivendi et illustre notre volonté de renforcement dans le domaine du divertissement. En rapprochant les activités de Vivendi Games de celles d'Activision, nous créons un leader mondial dans un secteur en très forte expansion". Enthousiasme partagé puisque de son côté, Robert Kotock, PDG d'Activision précise: "Il s'agit d'une opportunité exceptionnelle pour Activision et nos actionnaires, et d'un tournanat majeur dans la transformation de l'industrie du divertissement interactif".

La transaction, approuvée par le directoire et le conseil de surveillance de Vivendi ainsi que les conseils d'administration de Vivendi Games et d'Activision, reste néanmoins soumise à l'approbation des actionnaires d'Activision. Les deux parties estiment que l'opération devrait être finalisée au premier semestre 2008.

Activision table sur 50 à 100 millions de dollars de synergies. Robert Kotick, son PDG, a même avancé un bénéfice de 1,20 dollar par action en 2009.

Cette annonce semble avoir donné des idées puisque des rumeurs ont circulé ce lundi sur une possible offre d'Electronics Arts sur le huitième éditeur mondial Ubisoft. Une telle opération éviterait ainsi à Electronic Arts de perdre sa première place mondiale en se renforçant grâce à l'éditeur français.

Sur les marchés boursiers, les réactions ont été positives. L'opération de Vivendi a recueilli l'approbation des investisseurs puisque le titre Vivendi, à 31,72 euros, affiche un gain de 1,01% à la Bourse de Paris dans un marché en baisse. Outre-Atlantique, l'action Activision était carrément propulsée de plus de 16% à 25,75 dollars en cours de séance.

Spéculations et rumeurs obligent, la hausse a été bien plus spectaculaire pour l'action Ubisoft qui a bondi de 5,28% à 62,65 euros à la clôture.

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