La Commission européenne ne rouvre pas la pêche à l'anchois

La Commission européenne, en décidant de ne pas rouvrir la pêche à l'anchois dans le Golfe de Gascogne, provoque de vives réactions. Michel Barnier a annoncé une aide de 15 millions d'euros pour soutenir une profession déjà fragilisée.

"La pêche à l'anchois dans le Golfe de Gascogne, actuellement fermée jusqu'à la fin de l'année, ne sera pas réouverte". C'est la décision prise mercredi par la Commission européenne "après un examen approfondi des derniers avis scientifiques et des éléments reçus des Etats membres". S'appuyant sur le rapport de son comité scientifique, la Commission a préféré maintenir la fermeture de la pêche, alors que la France avait demandé une réouverture et un quota de 3 à 4.000 tonnes de poisson pour que ses pêcheurs puissent travailler.

Fin juin, le comité scientifique de la Commission a rendu un rapport dans lequel elle estime à "30.000 tonnes la quantité de poissons adultes dans le stock" d'anchois, soit "bien en dessous du niveau auquel la pêche commerciale pourrait reprendre sans danger pour le stock". Un chiffre sur lequel la France est en désaccord, estimant que le stock d'anchois est remonté à 35.000 tonnes, ce qui permettrait selon elle une petite pêche.

La semaine dernière, Paris avait tenté d'obtenir un soutien de Madrid face à l'exécutif européen. Mais l'Espagne, qui détient 90% des droits de pêche à l'anchois dans le Golfe, contre seulement 10% pour la France en vertu d'accords historiques, s'oppose à toute ouverture, adoptant le même point de vue que les scientifiques communautaires.

Bruxelles et Paris ont annoncé mercredi soir un plan de soutien pour tenter de compenser l'impact économique et social de la fermeture de la pêche sur une profession déjà très touchée. A Paris, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a immédiatement réagi en déclarant qu'il regrettait "très vivement (...) cette décision difficilement compréhensible". Il a annoncé un "plan d'accompagnement doté d'une enveloppe de 15 millions d'euros" pour les pêcheurs. Une somme qui proviendra de "crédits nationaux et européens", selon le communiqué du ministère.

Cette aide ne devrait pas suffire à calmer l'amertume des pêcheurs français : ils "ne demandent pas des indemnités, ils demandent à travailler", a souligné le maire de La Turballe, René Leroux, qui s'attend à de nouvelles actions des pêcheurs d'anchois, qui avaient déjà organisé d'importants mouvements de protestation ces dernières semaines, comme des blocus de ports. La Turballe, avec les Sables d'Olonne et Saint-Gilles-Croix-de-Vie, sont les trois ports de la côte Atlantique qui réalisent l'essentiel des captures d'anchois français. Le maire de La Turballe s'est dit "assommé", qualifiant la décision de"catastrophique pour une région comme la nôtre", ajoutant qu'elle allait avoir "des conséquences humaines dramatiques".

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