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Grève dans les transports: la tension monte, les sondages se contredisent

La Tribune

Publié le 18 octobre 2007 à 00:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 17:39

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Jean-Claude Mailly (FO) justifie la grève de jeudi qui s'annonce dure. Bernard Thibault (CGT) annonce que son organisation "ne négociera pas dans les entreprises tant que le cadre général de la réforme" ne sera pas revu par le gouvernement. Un sondage BVA-Figaro donne une majorité de Français contre la grève, un autre dans L'Humanité affirme exactement le contraire...

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a contesté ce mercredi sur Canal+ la réforme des régimes spéciaux de retraite en reprochant au gouvernement une logique "tirant tout le monde vers le bas". "Pourquoi au nom de l'équité on ratiboise toujours vers le bas?", s'est interrogé Jean-Claude Mailly à la veille de la grève qui paralysera notamment la SNCF, les métros et les bus pour protester contre la réforme gouvernementale des régimes spéciaux qui prévoit leur passage de 37,5 à 40 annuités de cotisations.

Les fédérations des transports, de l'énergie, et certaines fédérations de fonctionnaires ont lancé des appels à la grève pour toute la journée de jeudi. Elles protestent notamment contre la suppression des régimes spéciaux de retraite, la fusion GDF-Suez et les suppressions de postes dans la fonction publique. Selon un sondage BVA publié par le Figaro ce mercredi, 55% des personnes interrogées jugent le mouvement de demain injustifié. Un autre sondage, publié cette fois par le quotidien communiste L'Humanité, constate de son côté que 54% des Français soutiennent la grêve...

"Au nom de l'équité, pourquoi on ne remet pas en cause les stock-options?", a renchérit à titre de contre-exemple le secrétaire général de FO. Selon lui, le soutien d'une partie de l'opinion à cette réforme, dont font état certains sondages, fait "partie du conditionnement" de la population. "Vous dites à un salarié du privé ou du public: vous êtes déjà à quarante ans (de cotisations), on vous a déjà donné un coup de marteau sur la tête, vous trouvez normal que dans les autres régimes ils ne passent pas à quarante ans? La première réponse, c'est de dire oui! Et je le comprends bien...", a-t-il expliqué. Mais "les gens sont en même temps conscients que cette réforme conditionne le débat sur les retraites du public et du privé prévu en 2008", a-t-il ajouté.

Un dossier global des retraites que Jean-Claude Mailly juge comme "l'un des plus anxiogènes" pour les salariés. "Les gens nous le disent, dans le privé et le public: pourquoi ils accélèrent comme ça? Qu'est-ce qu'ils veulent nous faire l'année prochaine?", a-t-il décrit.

De son côté, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, annonce, dans le Monde daté de jeudi, que son organisation "ne négociera pas dans les entreprises tant que le cadre général de la réforme" des régimes spéciaux de retraite ne sera pas revu par le gouvernement. "Nous ne pouvons pas dire que ce cadre est inacceptable et discuter de sa transposition entreprise par entreprise. C'est au gouvernement de revoir sa copie", déclare le responsable cégétiste. Il vise le "document d'orientation" remis le 10 octobre qui prévoit que les 500.000 salariés des régimes spéciaux de retraite passeront progressivement d'ici 2012 à 40 ans de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein, contre 37 ans et demi actuellement.

Comme en écho aux propos des leaders syndicaux, le président du MoDem, François Bayrou, a pour sa part jugé normal et légitime "que les salariés défendent un certain nombre d'acquis, un certain nombre de dispositions du contrat qu'ils ont signé". "Tout le monde voit bien que devant le déséquilibre des régimes de retraite il faut faire quelque chose", a-t-il cependant nuancé, mais "on ne peut pas prétendre que les régimes spéciaux vont à eux tout seuls régler le problème des régimes de retraite".

Selon lui, "on aurait pu aller plus loin et prendre un autre chemin qui n'a pas été retenu par le gouvernement, celui d'un régime de retraites par points où l'on aurait pris en compte les années passées sous le statut (ndlr, de régimes spéciaux) par les agents" concernés.

En revanche l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, aujourd'hui premier vice-président du conseil national de l'UMP, a estimé qu'il y avait "quelque chose d'archaïque aujourd'hui à bloquer massivement toute l'activité d'un pays", a-t-il déclaré sur Europe 1, soulignant que les grévistes appauvrissaient "globalement le pays" par leur blocage. "Je comprends qu'ils (les syndicats) marquent le coup, mais je ne pense pas que cela doivent durer", a-t-il ajouté.

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