Planète sauvage

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"Ténèbres" ou l'histoire de deux clandestins toujours rattrapés par leur terrible aventure. Un face à face poignant entre un père et sa fille

Ce sont deux rescapés mais ils ne sont pas encore sortis de l'horreur, dans "Ténèbres", pièce mise en scène par Brigitte Jaques-Wajeman. Le père (Maurice Benichou) et sa fille (Rachida Brakni) tournent (mal) en rond dans un appartement provisoire quelque part en Suède et ils veulent déjà partir pour l'Australie ou le Canada. Deux clandestins donc, venus dont on ne sait d'où mais sûrement de là où l'on imagine l'horreur.

Dans clandestin il y a destin, et ce destin pèse lourdement dans leurs relations. Parce que dans leur traversée, il y a la disparition de la femme et mère. Perdue. L'auteur de cette pièce, le Suédois Henning Mankell qui vit souvent en Afrique, laisse entendre une certaine culpabilité entre les deux survivants. Il y a donc affrontement mais aussi tendresse.

Dérapage aussi à cause des traumatismes. Un dialogue toujours sur le fil, fermé comme peuvent l'être ces deux personnages en attente de papiers pour aller vers un ailleurs rêvé. Il faut la qualité de Maurice Benichou et Rachida Brakni pour réussir à faire entendre ces blessures sans tomber le pathos.


"Ténèbres" jusqu'au 10 février à Théâtre Ouvert. Jardin d'Hiver, 4 bis Cité Véron 75018 Paris. Tél. : 01 42 55 55 50.

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