L'audit et le conseil séduisent toujours plus de jeunes diplômés

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Un quart des diplômés de grandes écoles se dirigent vers ce secteur qui offre de belle carrières et des salaires intéressants. Un bilan et quelques pistes de recherche d'emploi.

Aujourd'hui, un quart des diplômés 2005 de grandes écoles de commerce travaillent dans l'audit ou le conseil. Soit 25 % de plus que l'année précédente. Rien de surprenant, car petits et grands cabinets embauchent à tour de bras. 500 jeunes seront recrutés cette année chez Accenture, 400 chez Mazars, 270 chez Deloitte, 350 chez PwC... D'après le Syntec, le secteur aurait connu en 2006 - comme en 2005- une croissance de 9 %.

Recrutement

C'est le parcours du combattant : une fois son CV sélectionné, le candidat devra passer outre trois voire quatre entretiens avec des responsables RH et des opérationnels. Certains cabinets ajoutent des tests de personnalité, des épreuves d'anglais ou un exposé sur le sujet de son choix.

Tous les masters sont éligibles (école de commerce, d'ingénieur, IEP ou université). Les recruteurs l'affirment : ils cherchent moins des connaissances ou compétences précises que des jeunes capable de s'adapter, d'analyser, d'écouter et de communiquer. "On veut des débrouillards, qui n'ont pas peur des responsabilités et qui en ont fait la preuve, par exemple au travers d'expériences associatives ou internationales", explique Marie Aude Pouvreau, chargée des relations écoles chez Mazars.

Ensuite, le métier s'apprend sur le terrain. Dès l'intégration, les poulains d'Accenture sont envoyés en formation pendant deux semaines à Chicago, au Club Med de Djerba pour les élus de Deloitte ou à La Baule pour les protégés de PwC. Le prix à payer pour éveiller l'esprit de promo et souder les équipes. IBM possède même un programme "haut potentiel" qui détecte les 5 meilleurs éléments de chaque pays et les forme pendant 8 mois dans différentes villes du monde.

Carrières

Le parcours est tout tracé : junior pendant deux ans, puis senior, manager, senior manager, et enfin associé. A chaque étape correspond un niveau de responsabilité. "Certes, c'est un peu scolaire mais c'est avant tout un gage d'efficacité. Comme on change tout le temps de mission et d'équipe, on sait tout de suite qui fait quoi", explique Véronique Staat, responsable du recrutement chez Deloitte. Certains cabinets permettent une spécialisation sectorielle dès l'embauche (Deloitte), d'autres imposent d'être multicarte pendant quatre ans (Mazars). La plupart offrent de larges possibilités de mobilité internationale.

Mais s'il est possible de faire carrière, beaucoup décrochent avant 30 ans. Le taux de turnover avoué par les cabinets oscille entre 20 % et 30% par an. "Ce sont les jeunes qui sont les plus touchés, avec un pic au bout de 3 ou 4 ans, lorsqu'ils ont vraiment appris le métier", constate Christine Glory, responsable RH chez IBM France. Certains se font débaucher par leurs clients, d'autres se lassent ou se fatiguent du rythme de travail effréné. "Ces métiers, qui sont ultra formateurs, permettent de tout faire par la suite. Ce sont de vrais accélérateurs de carrière" remarque Charles Desjardins, 27 ans, consultant chez Solving. "Ceux qui partent au bout de 8-10 ans accèdent à des postes élevés dans les directions générales de grands groupes. Ils sautent beaucoup d'étapes", confirme Véronique Staat.

Salaires

A l'embauche, il oscille d'après le Syntec entre 28 et 38 k€ par an. Les grands cabinets annoncent 31 000 /42 000, jusqu'à 45 000 euros chez Mazars. C'est avant tout le diplôme qui positionne le curseur. "En haut de la fourchette, on trouve les polytechniciens, les centraliens, les trois ou quatre meilleures écoles de commerce. En bas, les masters universitaires, certaines ESC", explique Véronique Staat. Les élus peuvent ensuite espérer une augmentation comprise entre 5 et 20 % par an, parfois jusqu'à 30 % en fonction de ses résultats. "En 7 ans, un jeune triple son salaire" promet-t-on chez Mazars. Chez Deloitte, on affirme que quelqu'un qui "marche bien" double ses revenus en 4 ans.

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