Nicolas Sarkozy maintient le cap et défend ses réformes

Un an après son arrivée au pourvoir, le chef de l'Etat a affiché jeudi soir sa volonté d'accélérer les réformes dans un contexte international difficile. Tout en reconnaissant des "erreurs", il s'est engagé à poursuivre sa politique. Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre.

Le président Nicolas Sarkozy a reconnu jeudi soir porter une part de responsabilité dans la morosité des Français et l'effondrement de sa popularité mais il a assuré avoir tiré les leçons de ses "erreurs". Un message à destination des Français mais aussi de sa majorité, en proie au doute et dont l'échec aux élections municipales de mars et les faux pas à répétition du gouvernement ces dernières semaines n'ont fait qu'amplifier le malaise.

Lors d'une intervention télévisée qui a duré 100 minutes, le chef de l'Etat a évoqué tous les dossiers de l'actualité (pouvoir d'achat, grogne des enseignants, sans-papiers et immigration, flambée des matières premières, crise du Tibet, relations avec la Chine, Afghanistan...). "Je vois très bien les mécontentements mais je sais où je vais, je suis persuadé qu'il n'y a pas d'autre stratégie et je sais que mon rendez-vous, c'est la fin de mon quinquennat." Il a réaffirmé sa volonté d'engager les changements nécessaires pour que la France "puisse compter dans les grandes puissances du monde, pour qu'il y ait le plein emploi, pour qu'il y ait davantage de croissance et pour que les Français soient de nouveau fiers de leur pays." "Je suis là pour assumer avec un minimum de courage ce qui aurait dû être fait avant et qui n'a pas été fait", a-t-il ajouté. "La déception serait beaucoup plus grande si je n'étais pas à la hauteur de mes responsabilités, si je fuyais."

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Pour Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris: "Dans sa tentative de justification d'une politique aussi illisible qu'inefficace aux yeux de nombreux français, Nicolas Sarkozy a surtout recyclé mécaniquement son argumentaire de la dernière campagne présidentielle. Son propos, souvent confus et imprécis n'a ouvert aucune perspective crédible pour répondre aux enjeux de la croissance et du pouvoir d'achat".

De son côté, Marielle de Sarnez (MoDem) a déclaré: "Je n'ai pas trouvé de feuille de route, pas de perspective. Les Français attendaient de savoir où ils allaient et je ne crois pas que cette émission les ait éclairés". Même sentiment pour Manuel Valls (député maire PS d'Evry): "Je crains que les explications assez confuses, parfois assez laborieuses sur la politique économique et budgétaire n'aient pas été comprises par les Français". Sur le RSA, "je suis très étonné de l'absence d'explication sur le financement" du dispositif et "le coût annoncé".

Enfin, le porte parole du PS, Julien Dray, a affirmé que "l'inquiétude et la colère de la France qui aujourd'hui souffre durement d'un contexte économique qui s'est extrêmement dégradé ne sont pas levées ce soir, au sortir de la prestation du président de la République". "C'est un président tendu, essayant par l'abondance de chiffres d'éviter d'avoir à constater l'impasse dans laquelle il se trouve, que nous avons vu", selon lui. "Au final, il n'a concédé qu'une erreur de communication sur le paquet fiscal: il n'y a ce soir rien pour les 13 millions de retraités, rien les 20 millions de salariés, rien pour les 5 millions de fonctionnaires, qui peut les rassurer en matière de pouvoir d'achat", ajoute-t-il. "La seule mesure concrète c'est la fin de la prime pour l'emploi pour les neuf millions de salariés modestes qui va être siphonnée pour un hypothétique RSA" (revenu de solidarité active), accuse-t-il.

Du côté des syndicats, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé que Nicolas Sarkozy s'était "livré à un exercice de justification peu convaincant, avec des approximations sur des sujets importants". Force ouvrière a pour sa part estimé que Nicolas Sarkozy n'avait "pas apporté la cohérence et la visibilité qui sont aujourd'hui indispensables", à l'issue de son intervention télévisée. Le syndicat a déploré dans un communiqué l'absence "d'orientation économique différente" et la "justification des mesures déjà prises".

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