Une équipe d’économistes emmenés par Thomas Piketty propose d’instaurer une taxe mondiale sur la fortune et un impôt sur le revenu plus progressif allant jusqu’à 90 %. Objectif ? Financer les investissements astronomiques nécessaires à la transition écologique.Canicules précoces, sécheresses, stress hydrique… Le péril climatique accélère partout sur la planète. Malgré les alertes répétées des scientifiques, les États peinent à bifurquer vers une transition écologique faute de moyens pour financer des investissements astronomiques. Consciente des dangers qui planent sur la planète et l’économie, une équipe d’une cinquantaine de chercheurs réunis autour de Thomas Piketty propose un véritable « big bang » fiscal pour parvenir à un monde soutenable inférieur à 2 °C et prospère à l’horizon 2 100. « L’objectif est de répondre aux besoins planétaires et humains d’ici la fin du siècle », affirme Lucas Chancel, codirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’ouvrage du célèbre économiste Piketty paru en 2021, « Une brève histoire de l’égalité » (Seuil). Adoptant une réflexion plus optimiste, le chercheur est convaincu que la marche vers l’égalité est « un long combat » amené à se poursuivre dans le futur. Le rapport sur la Justice globale, qui sera présenté et débattu ce jeudi 4 juin à l’école d’économie de Paris par des économistes de renom comme Mariana Mazzucato, Branko Milanovic ou Emmanuel Saez, fait des propositions fiscales décapantes sur la richesse et le capital. Une publication qui devrait relancer les débats à la veille de la journée mondiale de l’environnement et du budget 2027 à venir. Tour d’horizon des pistes à l’étude.
Impôt mondial sur la fortune : une cession d’actifs vers un fonds mondial
Premier levier évoqué par les économistes, un impôt mondial sur la fortune des millionnaires et des milliardaires. Il s’agit d’un barème progressif allant de 1 % pour les fortunes supérieures à 2,2 millions d’euros à 20 % au-delà de 550 millions d’euros. Ce barème doit s’appliquer « sans aucune exonération » à toutes les formes de patrimoines (immobilier, actifs financiers, bien professionnels). Le problème souvent évoqué par les contempteurs de ce type de fiscalité est que le montant de l’impôt peut être supérieur au revenu annuel du détenteur de patrimoine.