Hausse des cotisations retraite : grogne de l'opposition et des syndicats

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Pour avoir annoncé, sans attendre l'aval des partenaires sociaux, une hausse des cotisations vieillesse et une baisse des cotisations chômage, le gouvernement essuie les reproches du PS et des syndicats.

François Fillon relève les cotisations retraite. Le Premier ministre a annoncé hier, mardi 29 juillet, dans un courrier transmis aux partenaires sociaux, une augmentation de 0,3 point en 2009, puis 0,4 point en 2010 et 0,3 point en 2011, soit un peu plus de 4 milliards d'euros au total.

Pour faire passer cette forte hausse, il assure que ces relèvements se feront "à prélèvements constants", grâce à la diminution proportionnelle des cotisations d'assurance-chômage. Pourtant, l'opposition et les partenaires sociaux accusent l'Etat d'"intrusion scandaleuse" dans le champ de la négociation Unedic.

Le Parti socialiste a dénoncé, ce mercredi 30 juillet, le "mépris" du gouvernement pour le dialogue social. Il appelle à "une véritable négociation, pour faire aboutir une vraie réforme des retraites". "Les partenaires sociaux ne peuvent être des alibis. Ils doivent êtres respectés et entendus à l'occasion d'une authentique négociation collective".

Le Medef a trouvé hier, mardi 29 juillet, "préjudiciable" l'orientation donnée par le gouvernement pour équilibrer les comptes de la sécurité sociale, prônant une "autre voie" que la hausse des prélèvements obligatoires. "Pour pérenniser notre système de retraites, outre l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans en 2012, la seule solution viable et connue de chacun est le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite", redit le mouvement patronal dans un communiqué. "Quant à l'assurance maladie, seule une réforme majeure de l'hôpital peut permettre de gagner et en qualité et en productivité", ajoute-t-il.

La CFDT, pour sa part, a jugé toute décision "prématurée", prise qui plus est "au mépris du dialogue social" et "alors que la France est en vacances". Elle s'est aussi opposée "fermement au siphonage des excédents de la branche famille au profit de la branche vieillesse".

La CGT et FO ont rappelé que le niveau des cotisations chômage (6,4% actuellement) était du ressort de la négociation entre le patronat et les syndicats gérant l'assurance chômage (Unedic). La CGT ajoute que le gouvernement franchit "un nouveau pas sur les prérogatives des organisations syndicales".

La CGPME "regrette qu'un débat ne puisse, pour cause de trêve estivale, s'engager sur un sujet qui aurait mérité, pour le moins, un échange avec les partenaires sociaux". Elle rappelle aussi "son opposition à l'étatisation rampante du système d'assurance-chômage".

La CFDT, de son côté, s'est montrée prête à défendre une baisse des cotisations chômage et un transfert vers les cotisations retraite, tout en rappelant qu'"il y aussi d'autres postes à fournir", "d'abord tarir totalement le déficit de l'Unedic" et ensuite, "construire une meilleure offre de services aux demandeurs d'emploi, ce qui va coûter de l'argent".

La vice-présidente de l'assurance chômage, Annie Thomas (CFDT) déclare à l'AFP que "cela pose problème. On a vraiment l'impression qu'en fixant lui-même les baisses et les hausses, le Premier ministre tient la main des négociateurs et ce n'est pas acceptable".

Seule la présidente de l'assurance vieillesse, Danièle Karniewicz (CGC) ose approuver "la bonne décision" du gouvernement. Mais elle ajoute que cela ne sera pas "suffisant pour garantir la pérennité du système de retraite".

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