Renault Koleos, un "tous chemins" politiquement correct

 |   |  595  mots
Le slogan de Renault dans les années 80, "les voitures à vivre", colle très bien à la définition du nouveau modèle de la firme française. Doux, confortable, silencieux, il est à mille lieues des 4x4 prétentieux et agressifs.

Renault arrive bon dernier. Après les déboires, ou plutôt ceux de ses clients, avec son ancien Scénic RX4, la firme au losange a pris le temps pour réinvestir le marché des 4x4. Du coup, son Koleos débarque au plus mauvais moment, alors même que le segment plonge. Pas de chance. Pourtant, le nouveau venu est quand même dans l'air du temps. Avec sa silhouette rondouillarde, un peu molle, plutôt banale, le Koleos rompt certes avec le design excentrique et provocateur qui caractérisait les Mégane II, Vel Satis ou Avantime, mais il se démarque aussi des 4x4 prétentieux et agressifs de certaines marques allemandes.

Son côté doux, lisse et sans aspérités le rapproche en fait de la philosophie du monospace compact Scénic I de 1996. Le Koleos, fabriqué par la filiale coréenne de Renault, ne roule pas des mécaniques. Il n'est pas m'as-tu-vu et passerait même inaperçu. De ce point de vue, il est donc le plus politiquement correct des 4x4. Sa planche de bord en forme de vague, aux formes souples, participe à l'impression de cocon que l'on ressent à bord.

L'onctuosité des commandes incite à une conduite apaisée. L'embrayage, la boîte de vitesses, la direction, les suspensions, se montrent d'une remarquable douceur. Le moteur, silencieux, disponible dès les plus bas régimes, élastique dans ses montées en régime, participe amplement à un exceptionnel confort général. Le travail de filtration est encore plus époustouflant sur les chemins de campagne que sur route. A noter d'ailleurs au passage que notre version d'essai, simple traction avant 4x2 sans transmission aux quatre roues, s'est correctement comportée hors bitume. Même si ses capacités sont limitées aux chemins pas trop boueux ou défoncés.

Les conducteurs calmes apprécieront grandement cette exceptionnelle homogénéité. Mais ceux qui aiment s'amuser au volant et prendre les virages sur les chapeaux de roues resteront sur leur faim. Car le parti pris du confort génère un comportement routier peu incisif, voire flou si on force la cadence. En conduite rapide, les freins avouent aussi leurs limites tout comme la direction, qui renvoie peu d'informations sur l'état de la chaussée. Quant au moteur, pas la peine d'accélérer rageusement. Il montera en régime à son rythme, bridé par le poids du véhicule.

Personnellement, nous avons été séduits par le caractère feutré de ce Koleos, si agréable au quotidien. Mais, l'absence de sensations ressenties à bord pourra être considérée par d'aucuns comme un défaut.

Si les prix sont contenus, surtout dans notre version d'essai 4x2 (2 000 euros d'économies par rapport à la version 4x4), nous déplorons en revanche une consommation un peu élevée (9,3 litres aux cent kilomètres en moyenne) et un coffre pas très grand pour un véhicule familial et surtout guère pratique avec sa double ouverture. Au chapitre des doléances, signalons la tonalité noire de l'intérieur de notre version Dynamique, particulièrement sinistre, qui jurait avec la convivialité affichée par ailleurs. Quelques plastiques font également toc.

Modèle d'essai : Renault Koleos dCi 150 4x2 Dynamique : 28 500 euros (+750 euros de malus)

Puissance du moteur : 150 chevaux (diesel)

Dimensions : 4,52 mètres (long) x 1,86 (large) x 1,70 (haut)

Qualités : confort exceptionnel, douceur des commandes, moteur souple, prix attractif

Défauts : coffre limité, plastiques peu valorisants

Concurrents : Renault Gd. Scénic dCi 150 Dynamique : 27 150 euros ; Ford Kuga Titanium 4x2 : 28 550 euros ; Honda CRV 2,2i-CTDi Elégance : 30 350 euros

Note : 14 sur 20

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :