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Les fauves hongrois rugissent à Céret

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Publié le 17 juillet 2008 à 01:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:12

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Une très belle exposition, présentée au Musée d'Art Moderne de Céret, dévoile le talent des peintres fauves hongrois. Leurs oeuvres, éclatantes de couleur, font le lien entre le fauvisme français et l'expressionnisme allemand.

Ici, les jaunes brulent, les rouges claquent, les oranges éclatent, les bleus vibrent quand les verts bruissent. Bienvenue au Musée d'art moderne de Céret. Cet été, l'institution a choisi de hisser les couleurs du fauvisme hongrois à travers une belle exposition rassemblant tableaux, dessins et gravures -pour la plupart inédits- réalisés entre 1904 et 1914 par les plus grands peintres magyars du XXe siècle.

C'est en 1906 que les Hongrois ont découvert le fauvisme, grâce à leur compatriote, le peintre Béla Czobel. Installé à Paris, ce dernier avait été fasciné par les oeuvres de Derain et matisse exécutées à Collioure et exposées au Salon d'Automne de 1905. De retour au pays, Czobel présente à ses camarades une série de tableaux explosés de couleur. De quoi leur donner envie d'expérimenter cette nouvelle manière de peindre.

Mais pas question pour eux de reproduire à l'identique le travail des Français. Leurs sources d'inspiration restent magyares. En témoigne cette "Vue de haut de la tour Itsvan" (1908) signée Sandor Ziffer, figurant une église aux murs jaunes surmontée d'un dôme oriental au rouge. Aux couleurs vives de Derain, les Hongrois opposent des tons plus sourds néanmoins éclatants. Mais c'est surtout par leurs portraits, beaucoup plus introspectifs, qu'ils créent la différence et se rapprochent des expressionnistes allemands. Tel Robert Bereny qui accentue ses traits pour revendiquer son appartenance au judaïsme dans son "Autoportrait en haut de forme" (1907).

Si la plupart des fauves hongrois se retrouvaient l'été en Transylvanie à Nagybanya, ils n'ont pour autant jamais formé un groupe cohérent. L'Histoire a d'ailleurs fini par avoir raison de leur art. Car leurs tableaux n'étaient ni au goût du gouvernement d'extrême droite qui a régenté la Hongrie au lendemain de l'éclatement de l'empire austro-hongrois, ni au goût des communistes. Et c'est tout à l'honneur du musée d'art moderne de Céret d'avoir exhumé ces trésors des oubliettes de l'histoire de l'art.

Fauves Hongrois, 1904-1914. Musée d'art moderne de Céret, 8 Bd du Maréchal Joffre, 66400 Céret. Tel : 04 68 87 31 92. Ouvert tous les jours de 10h à 19h. Jusqu'au 12 octobre. Catalogue : édition Biro, 185pp., 34€.

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