La Société mixte immobilière de Menton (SEMIM), chargée de la gestion de logements sociaux, se retrouve dans une impasse financière et administrative. Alors que deux postes de son conseil d’administration restent vacants, la Ville envisage désormais une liquidation ordonnée.La Société mixte immobilière de Menton (SEMIM), chargée de la gestion d’une partie du parc de logements sociaux de la commune, traverse une période critique. Deux postes d’administrateurs sont vacants au sein de son conseil d’administration, sans qu’aucun élu n’ait souhaité se porter candidat pour les remplacer. Créée pour gérer et rénover le patrimoine immobilier social de la Ville, la SEMIM ne dispose désormais que de recettes limitées issues de quatre appartements récemment rénovés et loués à des loyers sociaux. Une situation insuffisante pour assurer sa pérennité financière. Les travaux prévus sur deux autres logements, qui devaient être financés par un prêt bancaire, ont dû être reportés. En parallèle, la Ville a obtenu de la Banque Méditerranéenne, également actionnaire de la SEMIM, un report de remboursement et l’ouverture d’une ligne de trésorerie pour faire face aux dépenses courantes.
Face à une trésorerie exsangue, la municipalité a sollicité le préfet des Alpes-Maritimes pour autoriser la vente des appartements rénovés à un bailleur social et la mise aux enchères des autres logements, encore en l’état. Les sommes ainsi récoltées doivent permettre de rembourser intégralement le prêt contracté par la société. À moyen terme, la fermeture pure et simple de la SEMIM est désormais une hypothèse sérieusement envisagée. Si aucun nouvel administrateur ne se présente, la Ville pourrait demander à un mandataire judiciaire d’établir un bilan complet, en vue d’une liquidation ordonnée. L’objectif affiché est de clore le dossier sans dette résiduelle, en garantissant que “pas un euro ne reste dû” à l’issue de la procédure.
En toile de fond, des zones d’ombre administratives entourent encore la SEMIM. Un rapport de la Chambre régionale des comptes a relevé des irrégularités dans le cumul d’emplois d’une collaboratrice municipale ayant également exercé une mission de secrétariat pour la société. Si la mairie affirme avoir régularisé la situation, l’affaire contribue à ternir un peu plus l’image de la structure. À court terme, la SEMIM semble condamnée à disparaître. Reste à savoir si la Ville de Menton parviendra à mener cette liquidation maîtrisée, tout en préservant les locataires et en assainissant définitivement le dossier d’une société en sursis depuis plusieurs mois.