La base d’Avord dans le Cher fait régulièrement appel à des personnels formés au campus pyrotechnique de Bourges pour la maintenance des systèmes d’armement des Awacs.
La préfecture du Cher, l’une des capitales françaises de l’industrie d’armement, verra son campus pyrotechnie du futur « digitaliser » ses formations à partir de 2026. Objectif : répondre à la demande des fabricants de munitions toujours plus dopées aux nouvelles technologies.
Avec 10 000 postes manquants, les ressources humaines font défaut aux industriels de la Défense, notamment chez les producteurs de munitions. Aussi, les compétences des candidats sont souvent insuffisantes face à la complexité de ce segment spécifique de l'armement.
Dans ce contexte, le campus pyrotechnie du futur de Bourges, dédié à la formation aux techniques de préparation et d'emploi des explosifs et des munitions, ainsi que la Banque des territoires viennent de signer une convention de financement pour accélérer l’innovation en la matière.
Jumeaux numériques
A la clé, une enveloppe de quelque 700 000 euros dégagée pour transformer les cursus actuels en y intégrant les dernières avancées technologiques . « Les moyens virtuels, via notamment la 3D, deviendront dès la rentrée de septembre prochain l’environnement naturel des étudiants, assure ainsi François Vilain, directeur général du campus pyrotechnique. Il s’agit ainsi de reproduire des environnements réels de fabrication de munitions et de compression d’explosifs, grâce notamment à des jumeaux numériques ». Des jeux de rôle digitaux ainsi que du e-learning constituent également de nouveaux axes pédagogiques qui seront développés au campus de Bourges.
C’est pour pallier le manque de formation initiale, dans le contexte de réarmement de la France qui s’est accéléré à partir du conflit russo-ukrainien, qu’un campus entièrement dédié aux process de mises à feu a été créé à Bourges dans le Cher en 2022 à l’initiative des industriels présents localement. En l’occurrence, KNDS (ex-Nexter), le missilier MDBA, Thales ainsi que la Direction générale de l’armement (DGA).
Alors que l’industrie de la Défense recrute annuellement dans ce domaine un millier de collaborateurs (ouvriers de fabrication, techniciens, ingénieurs), seules deux écoles d’ingénieurs, l’ENSTA à Brest et l’ENSMA à Poitiers, dispensaient jusqu’à présent les formations idoines.
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