Depuis plusieurs mois, les gérants d’auto-écoles et les examinateurs du permis de conduire s’élèvent ensemble pour réclamer davantage de places d’examen. Face à des délais d’attente pouvant aller jusqu’à 85 jours, ils ne veulent pas être les « oubliés » du projet de loi de finances 2026.Des auto-écoles dans les rues de Lyon : ce lundi, les gérants d’auto-écoles et les examinateurs du permis de conduire se sont donné rendez-vous pour une nouvelle mobilisation, afin de s’élever face à la pénurie de places d’examen au permis de conduire.
En cause : des délais d’attente qui s’allongent depuis plusieurs mois, pour atteindre désormais jusqu’à 85 jours sur certains territoires, là où la Loi Macron prévoyait un délai maximum de 45 jours pour repasser son permis après un premier échec.
Pour Christelle Oberholz, directrice de sept agences lyonnaises du groupe ECF et présidente de l’Union Nationale Intersyndicale des Enseignants de la Conduite (UNIDEC) qui réunit 11.860 auto-écoles, « la situation est intenable depuis de nombreux mois. Le délai d’attente moyen est de 85 jours à l’échelle nationale en raison du manque d’inspecteurs, mais il grimpe jusqu’à 120 voire 250 jours en fonction des territoires ! ».
Exemple dans les Hauts-de-Seine, où Ibraïma Kouyate, dirigeant de deux agences, estime que depuis près d’un an, le délai d’attente est désormais compris « entre 4 et 8 mois » pour les candidats au permis de conduire, et cela, alors que le taux d’échec est à peine supérieur au plan national (60 % dans le 92 contre 58 % en moyenne en France). « Nous avons aujourd’hui une trentaine de candidats en liste d’attente, et j’ai dû réduire de moitié en attendant les effectifs de mes deux agences pour atteindre cinq salariés ».
Plusieurs facteurs sont venus peser dans la balance de la profession, dont les conditions d’exercice restent chapeautées par le Ministère de l’Intérieur : « Du côté des candidats, la demande pour passer le permis a augmenté de 15 % en l’espace de cinq ans, avec notamment, l’abaissement de l’âge minimum - de 18 à 17 ans depuis le 1er janvier 2024 - mais aussi, une appétence renouvelée pour cet examen depuis le Covid-19. Et cela, alors que nous n’avons connu en parallèle aucune création de postes d’inspecteurs », souligne Christelle Oberholz.