Les gérants d’auto-écoles et les examinateurs du permis de conduire manifestent ensemble ce lundi, notamment en Nouvelle-Aquitaine. En cause : la pénurie de places d’examen pour les candidats au permis qui allongent les délais d'attente jusqu'à six mois.
« La situation était déjà tendue depuis plusieurs années et elle a empiré en 2024, au moment où l’âge minimum pour le permis est passé de 18 à 17 ans », constate Guillaume Magne, responsable du groupe ECF à Niort, dans les Deux-Sèvres. Dans ses auto-écoles, les inscriptions ont ainsi progressé de 10 % en 2024. « Le hic, souligne-t-il, c’est que malgré l’augmentation du nombre de candidats, il n’y a pas eu de places d’examen supplémentaires, par manque d’inspecteurs. Ils sont 1 250 dans toute la France, il en faudrait au moins 150 de plus... »
Résultat, les délais d’attente s’allongent. Ils peuvent atteindre désormais six mois dans certains départements, du jamais vu. « Le problème se pose surtout pour les candidats qui se représentent à l’examen après un premier échec, explique Guillaume Magne, par ailleurs membre du syndicat Unidec. On a des jeunes qui ont besoin du permis de conduire pour pouvoir trouver du travail. »
La boule au ventre
D’autant qu’avec un taux de réussite plafonnant à 55,9 % en 2023, de nombreux élèves sont condamnés à passer plusieurs fois par la case examen. « Les candidats arrivent maintenant la boule au ventre, témoigne Jaouad Mestour, inspecteur du permis de conduire à Mérignac, près de Bordeaux, et responsable régional du syndicat Snica-FO, majoritaire dans la profession. S’ils ratent leur permis, ils vont devoir patienter longtemps pour le repasser. La loi impose 45 jours maximum entre deux examens, mais on est aujourd’hui en moyenne à plus de 80 jours. »
Certains proposent de former des postiers à la fonction d’inspecteur puisque depuis 2016 La Poste et d’autres structures agréées organisent déjà l’examen du code de la route. D’autres avancent l’idée d’instaurer un test obligatoire en fin de formation pour s’assurer que le candidat est apte à passer l’examen.
Inspecteurs retraités
Les gérants d’auto-écoles demandent aussi au gouvernement de passer de 20 à 28 le nombre minimal d’heures de conduite exigées avant une première présentation. Lors d’une récente rencontre au ministère de l’Intérieur, dont dépend la profession, quelques propositions ont été mises sur la table comme le recours à des inspecteurs retraités ou l’ouverture de 80 000 places d’examen supplémentaires.
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