Grippe aviaire : un risque pandémique et économique potentiellement plus sévère que le Covid
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Des chercheurs de l'Institut Pasteur à Paris.
GFM - REUTERS - Info - Gonzalo Fuentes
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Des chercheurs de l'Institut Pasteur à Paris.
GFM - REUTERS - Info - Gonzalo Fuentes
« Une pandémie grippale serait probablement assez sévère, potentiellement même plus sévère que la pandémie que nous avons vécue ». L’avertissement, prononcé par Marie-Anne Rameix-Welti, responsable médicale du Centre des infections respiratoires de l’Institut Pasteur, résume la crainte qui anime actuellement les experts : la possibilité qu’un virus de grippe aviaire, notamment le H5N1, acquière la capacité de se transmettre d’humain à humain.
Depuis plus de deux ans, la grippe aviaire frappe les oiseaux sauvages, les volailles et désormais de nombreux mammifères. Des centaines de millions d’oiseaux ont dû être abattus à travers le monde. Outre son impact écologique, cette épizootie a désorganisé l’approvisionnement en volailles et produits dérivés, alimentant la hausse des prix alimentaires.
Si les cas humains restent rares et touchent quasi exclusivement des personnes exposées à des animaux infectés, la multiplication des foyers dans les élevages et la circulation du virus chez les mammifères augmentent, selon les autorités sanitaires, la probabilité d’une adaptation à l’homme. « Le scénario catastrophe serait l’adaptation à l’homme d’un de ces virus d’origine aviaire, H5 ou autre, qui serait capable de se transmettre d’homme à homme et pourrait provoquer une pandémie grippale dans la population humaine », explique la virologue.
Les États-Unis ont ainsi récemment signalé plusieurs cas chez des travailleurs agricoles. En novembre, le tout premier cas humain de H5N5 a été détecté dans l’État de Washington.
Malgré ces signaux d’alerte, les organisations internationales tempèrent. « Le risque de pandémie est une possibilité. Mais en termes de probabilité, il reste très faible », assure Gregorio Torres, chef du département scientifique de l’Organisation mondiale de la santé animale.
En France, aucun cas humain n’a été détecté. Mais l’Institut Pasteur, via son Centre national de référence (CNR) des virus respiratoires, reste mobilisé. Depuis début 2025, environ une centaine de suspicions ont été analysées dans l’ensemble du territoire, toutes finalement négatives.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Dans les laboratoires sécurisés de l’institut, les équipes réalisent PCR, séquençages et analyses rapides : « Le séquençage, on est capables de le faire dans les 24h suivant réception de l’échantillon », assure Marie-Anne Rameix-Welti. La capacité à identifier rapidement des mutations dangereuses est perçue comme un atout majeur pour anticiper une éventuelle flambée. Un élément serait particulièrement surveillé : l’apparition d’un réservoir porcin. « Si ce virus se met à circuler dans des élevages porcins, ce sera un facteur d’alerte », prévient la scientifique.
Pour les entreprises du secteur avicole, déjà fragilisées par les abattages massifs et les fluctuations de prix, le moindre signal de risque pandémique constitue un facteur d’incertitude supplémentaire. La filière, confrontée à la volatilité des coûts de production et aux besoins de biosécurité renforcée, s’expose à de nouveaux chocs potentiels.
L’arrivée d’une pandémie issue du H5 aurait par ailleurs des implications logistiques importantes : contrôle des élevages, restrictions commerciales, pression accrue sur les chaînes d’approvisionnement, hausse des prix alimentaires, perturbations sur les marchés de la viande et des œufs.
Si la perspective d’un virus aviaire transmissible entre humains inquiète, les scientifiques soulignent néanmoins que les capacités de réaction ont été profondément renforcées depuis le Covid-19 « Le point positif avec la grippe, par rapport au Covid c’est qu’on a des mesures préventives spécifiques déjà en place. Nous avons des candidats vaccins qui sont prêts, nous serions capables d’avoir un vaccin assez rapidement », souligne Marie-Anne Rameix-Welti. « Nous avons également des stocks d’antiviraux spécifiques qui, a priori, seraient efficaces contre ce virus de l’influenza aviaire. »
L’existence d’une infrastructure mondiale de surveillance, de tests et de production de vaccins accélère significativement les délais potentiels de réponse. L’Institut Pasteur lui-même avait été parmi les premiers laboratoires européens à mettre à disposition des tests Covid-19 en 2020.
(avec agences)
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