Le secteur de l'élevage est submergé par la vague de maladies émergentes, exacerbée par le changement climatique. Cinq ans après la crise Covid, la recherche française se mobilise pour passer d'une gestion réactive à une stratégie de prévention.
ANALYSE. La recherche publique comme les laboratoires privés se mobilisent pour anticiper l'émergence des prochaines maladies humaines et animales. Les différentes initiatives, dont un programme inédit de l'Inrae, doivent permettre de prévenir plutôt que de réagir, mais la partie est loin d'être gagnée alors que l'apparition de nouveaux virus s'intensifie.
Il devait y avoir un monde d'avant et un monde d'après. En février 2020, la prolifération du Sars-CoV-2, médiatisé sous le nom de Covid-19, plongeait le monde dans un chaos sanitaire, mettant à l'arrêt les déplacements ainsi qu'une large partie de l'économie et des activités courantes. Six ans après l'apparition du virus, détecté en novembre 2019 en Chine, ce « monde d'après » où rien ne devait plus être pareil, n'a pas franchement tenu ses promesses. La course à l'exploitation des ressources comme les tensions géopolitiques sont à leur paroxysme.
Le secteur sanitaire n'a pas non plus vécu le grand soir promis, entre l'impasse des déserts médicaux et le manque de moyens persistant du système de santé. Mais la recherche, elle, n'est pas en reste, consciente que les épisodes Covid seront amenés à se répéter sous d'autres formes.
Selon les informations de La Tribune, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) s'apprête à lancer un programme de recherche national et transdisciplinaire sur la gestion des maladies émergentes dans le secteur de l'élevage.
Cette initiative baptisée « Élevages durables » doit mobiliser l'ensemble de la recherche française qui œuvre déjà sur l'élevage afin de lutter plus efficacement contre la diffusion de nouveaux virus. La démarche associe l'Inrae, l'Anses, l'Ifremer et l'Inserm. Une coalition qui permettra de disposer d'une enveloppe de 45 millions d'euros pour un lancement début 2026.
« Nous étudierons comment la vaccination peut répondre aux maladies émergentes, mais aussi les solutions fondées sur la nature ou l'introduction de diversité génétique dans les cheptels. Il n'y aura pas de solutions miracle, nous proposerons une panoplie d'outils pour éviter, sinon gérer au mieux la prolifération des épidémies animales et zoonoses », détaille Muriel Vayssier-Taussat, microbiologiste et future directrice du programme. Le groupe de recherche se lance cinq ans après l'initiative internationale Prezode, qui vise à mieux documenter l'apparition et la circulation des pathogènes à l'échelle mondiale.
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