« Rendez-nous Fedorov. » Le slogan, écrit sur un bout de carton, surnage au-dessus de la foule qui s’est réunie devant le théâtre national Ivan-Franko de Kiev. À quelques centaines de mètres du bureau de la présidence ukrainienne, ils sont des milliers à s’être rassemblés ce vendredi 17 juillet 2026. Parmi la foule, des étudiants, des militaires en permission, des vétérans, mais aussi de nombreuses familles de soldats. Tous partagent une même indignation : avoir vu le populaire ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, être limogé en milieu de semaine dans le cadre d’un remaniement.
Depuis jeudi 16 juillet, les Ukrainiens descendent dans la rue. La mobilisation rappelle celle de l’été 2025, quand une loi qui s’attaquait aux organes de lutte contre la corruption avait déclenché une vague de contestation. Devant ce mécontentement populaire, Zelensky avait fini par lâcher. En sera-t-il de même avec cette nouvelle crise politique, l’une des plus grave que le président ukrainien ait eu à affronter depuis le début de l’invasion russe ?
C’est ce qu’espère Andreï, 52 ans, médecin originaire de Marioupol venu manifester avec son collègue. Il peine encore à comprendre la décision présidentielle. « Pendant six mois, il n’y a eu aucun scandale de corruption. Les soldats ont reçu davantage de drones et de munitions. On a commencé à frapper plus efficacement la Crimée. Pourquoi l’avoir renvoyé ? » Pour lui, l’Ukraine mène désormais « une guerre moderne qui a besoin de dirigeants modernes ».