Etats-Unis-Iran : les représailles s'intensifient, le Golfe replonge dans la guerre
latribune.fr
Des explosions sur un site non identifié, lors de frappes menées contre l'Iran, selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
Les Etats-Unis ont mené une nouvelle vague de frappes contre l'Iran après la mort de deux de leurs militaires en Jordanie. Téhéran a riposté en visant plusieurs pays du Golfe, tandis que le trafic dans le détroit d'Ormuz reste fortement perturbé, faisant peser de nouvelles menaces sur les marchés énergétiques.
Le conflit entre Washington et Téhéran franchit un nouveau seuil d'intensité. Les États-Unis ont lancé dans la nuit de dimanche une nouvelle série de bombardements contre des positions iraniennes, présentés comme des représailles à la mort de deux militaires américains en Jordanie. En retour, l'Iran a mené de nouvelles attaques contre le Koweït et Bahreïn, accentuant les craintes d'un embrasement régional.
Selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les frappes ont visé des sites militaires ainsi que des positions du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, accusé d'être à l'origine des attaques contre les forces américaines en Jordanie vendredi. Les médias iraniens ont fait état de bombardements dans la province méridionale d'Hormozgan, notamment près de la ville portuaire de Sirik et d'Hajiabad.
Washington répond à la mort de deux militaires
L'armée américaine a annoncé samedi la mort de deux de ses soldats et la disparition d'un troisième lors d'une attaque de missiles et de drones iraniens en Jordanie. Il s'agit des premiers militaires américains tués depuis la reprise des hostilités début juillet.
Ces frappes marquent un nouveau durcissement de la réponse de Washington, qui affirme vouloir « punir » les responsables de ces attaques. Selon les autorités iraniennes, les bombardements américains ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
L'Iran élargit ses représailles dans le Golfe
En réponse, l'Iran a annoncé avoir ciblé des bases militaires utilisées par les États-Unis au Koweït. L'armée koweïtienne a confirmé être engagée dans une opération de défense contre des missiles et des drones iraniens, sans communiquer de bilan.
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Les sirènes d'alerte ont également retenti à Bahreïn, régulièrement visé depuis la reprise du conflit le 7 juillet. Le commandant de l'armée iranienne, le général Ali Abdollahi, a averti que toute nouvelle attaque américaine entraînerait une « riposte décisive et dévastatrice », tandis que le guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a accusé Washington d'avoir définitivement vidé de sa substance le protocole d'accord conclu le 17 juin entre les deux pays.
Le détroit d'Ormuz de nouveau sous tension
Au-delà des opérations militaires, les conséquences économiques du conflit s'accentuent. Les incidents se multiplient dans le détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est désormais presque à l'arrêt après avoir brièvement repris à la faveur du protocole d'accord de juin.
Avant la guerre, près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures transitait par ce passage stratégique reliant le Golfe au reste du monde. Les États-Unis ont également rétabli le blocus des ports iraniens, qu'ils avaient levé après la signature de l'accord.
Les infrastructures civiles continuent par ailleurs d'être touchées. Au Koweït, plusieurs installations énergétiques, dont un site pétrolier et une centrale électrique équipée d'une usine de dessalement, ont subi d'importants dégâts. En Iran, les autorités de la province d'Hormozgan accusent les frappes américaines d'avoir détruit une station de pompage d'eau de mer et des équipements électriques alimentant une usine de dessalement.
Alors que les affrontements s'étendent désormais bien au-delà des frontières iraniennes, les marchés surveillent avec inquiétude l'évolution de la situation dans le Golfe. Une dégradation durable de la sécurité autour du détroit d'Ormuz pourrait avoir des répercussions directes sur les approvisionnements énergétiques mondiaux, les coûts du transport maritime et les prix du pétrole.