L’ONU plaide pour l’ouverture de discussions entre le Liban et Israël, Beyrouth compte 300 morts
latribune.fr
Des décombres jonchent le sol après une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, suite à une escalade des tensions entre le Hezbollah et Israël dans un contexte de tensions avec les États-Unis.
Samedi, l’ONU a appelé le Liban et Israël à entamer des pourparlers pour mettre fin aux violences, alors que l’armée israélienne poursuit ses frappes dans le sud et l’est du pays, visant commandants et infrastructures du mouvement pro-iranien.
[Article publié à 11:50, mis à jour à 14:50]
La coordinatrice spéciale des Nations unies au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a exhorté samedi le Liban et Israël à engager des discussions afin de mettre un terme aux affrontements qui opposent depuis lundi l’armée israélienne au mouvement pro-iranien Hezbollah. Dans un communiqué, elle a estimé que l’ouverture de négociations entre les deux pays pourrait constituer « l'élément décisif qui permettra aux générations futures d'éviter de revivre sans cesse le même cauchemar ».
« Si la situation est déjà grave, elle est vouée à s'aggraver encore. Trop de personnes risquent de souffrir. Les hostilités doivent cesser », a-t-elle ajouté.
En décembre dernier, des représentants civils libanais et israéliens s’étaient rencontrés directement pour la première fois depuis plusieurs décennies. Cette réunion s’inscrivait dans le cadre d’un comité chargé de superviser le respect du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah. Outre le Liban et Israël, ce mécanisme réunit également l’ONU, les États-Unis et la France.
Le Liban entraîné dans l’escalade régionale
Le Liban a été entraîné dans l’escalade du conflit qui s’étend actuellement au Moyen-Orient après que le Hezbollah a lancé lundi des missiles contre Israël. Le mouvement chiite a présenté cette attaque comme une riposte destinée à « venger » la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes visant l’Iran.
Samedi, l’armée israélienne a indiqué poursuivre ses opérations contre le Hezbollah sur le territoire libanais, notamment dans la plaine de la Bekaa, à l’est, région où les autorités libanaises font état d'au moins 41 morts, selon les dernières estimations. Les frappes visent aussi le sud du pays. Selon un communiqué militaire, ces actions ont notamment ciblé des commandants du mouvement pro-iranien.
« L'armée israélienne continue de réduire les capacités de l'organisation terroriste Hezbollah dans différentes régions du Liban », affirme ce communiqué publié samedi matin.
Le texte précise qu’au cours de la nuit de vendredi à samedi, une nouvelle série de frappes a été menée contre des lance-roquettes, des dépôts d’armes et d’autres infrastructures militaires appartenant au Hezbollah dans différentes zones du sud du Liban et dans la vallée de la Bekaa. Il ajoute que, la veille vendredi, les commandants de la Force Radwan du Hezbollah ainsi que deux centres de commandement de cette unité ont été visés dans la région de Majdal Sel, dans le sud du pays.
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Selon l’armée israélienne, les responsables ciblés auraient récemment dirigé plusieurs attaques contre des soldats israéliens ainsi que contre des civils en Israël. Dans cette communication officielle, l’armée ne fait toutefois aucune mention d’une opération héliportée israélienne menée dans la nuit dans le village de Nabi Chit, selon le Hezbollah.
Une possible incursion inédite depuis 2024
Si cette information venait à être confirmée, il s’agirait de l’opération israélienne la plus profonde à l’intérieur du territoire libanais depuis novembre 2024. À cette date, des forces spéciales israéliennes avaient capturé un agent du Hezbollah, Imad Amhaz, dans la ville de Batroun, au nord du Liban.
Vendredi, l’est du pays (une région où le Hezbollah dispose d’une forte influence) a été visé par d’importants bombardements israéliens. La localité de Nabi Chit a notamment été touchée à au moins treize reprises, selon l’Agence nationale d’information libanaise (ANI).
Par ailleurs, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné l'attaque vendredi d'une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, dans laquelle trois Casques bleus ghanéens ont été grièvement blessés.
« Le Secrétaire général condamne l’incident survenu le vendredi 6 mars, au cours duquel trois Casques bleus ghanéens de la Finul ont été blessés dans leur position à al-Qaouzah, dans le sud-ouest du Liban, lors d’échanges de tirs nourris », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué.
«Le Secrétaire général souligne que la sûreté et la sécurité du personnel et des biens des Nations unies doivent être respectées en toutes circonstances et que les responsables doivent rendre des comptes. L’inviolabilité des installations des Nations unies doit être respectée par tous», a-t-il ajouté.
Israël somme le Liban de «désarmer» le Hezbollah
Samedi, Israël a également sommé de nouveau samedi le Liban de «désarmer» le mouvement pro-iranien Hezbollah, sous peine de « mesures plus sévères », selon le ministre israélien de la Défense Israël Katz.
S'exprimant à la télévision et s'adressant au président libanais Joseph Aoun, le ministre Katz a lancé : «vous vous êtes engagé à respecter l'accord et à désarmer le Hezbollah, mais cela n'est pas le cas».
«Agissez avant que nous ne prenions des mesures plus sévères. Si Nasrallah (le leader du Hezbollah tué en septembre 2024 par Israël) a détruit le Liban, Naim Qassem (actuel secrétaire général du Hezbollah) le détruira à son tour», a menacé le ministre.
En début d'après-midi, le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes israéliennes avaient fait 294 morts au Liban et plus de 1000 blessés depuis que le pays a été entraîné lundi dans la guerre.