Alstom, Forvia : le grand repli industriel français en Allemagne

Si l'opération se confirme, l'usine Alstom de Cassel suivrait le même sort que celle de Görlitz, cédée en 2024.
SAA/JS/FW1/David Clarke - REUTERS - VINCENT KESSLER

Si l'opération se confirme, l'usine Alstom de Cassel suivrait le même sort que celle de Görlitz, cédée en 2024.
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Peu à peu, les grands noms de l'industrie française quittent le territoire allemand. Ces derniers jours, des discussions en Allemagne évoquent une possible reprise par Rheinmetall du site industriel d’Alstom à Cassel, une option envisagée dans un contexte de forte pression sur les capacités de production militaires liées au réarmement.
L’usine, intégrée au portefeuille de Alstom après le rachat des activités de Bombardier Transport en 2022, se situe dans l’ouest de l’Allemagne et emploie plusieurs centaines de salariés pour produire des locomotives. Si l'opération se confirme, l'usine de Cassel suivrait le même sort que celle de Görlitz. Fin 2024, cet autre site d'Alstom avait été vendu au groupe franco-allemand de défense KNDS.
Alstom n'est pas le seul acteur français à se désengager d'Allemagne. L’équipementier français Forvia, en difficulté depuis plusieurs années, a annoncé jeudi la signature d’un accord avec la filiale européenne du groupe américain de défense General Dynamics pour céder son site d’Augsbourg.
Installé en Bavière, le site emploie environ 300 salariés. Son activité est appelée à évoluer, lui aussi, progressivement vers le secteur de la défense, dans le cadre d’une reconversion industrielle portée par le repreneur américain. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.
Dans son communiqué, Forvia présente l’opération comme un moyen de donner « un avenir clair et durable » au site. Les deux groupes indiquent avoir mis en place un plan de formation destiné à accompagner la transformation des compétences des salariés, aujourd’hui issues de l’automobile, vers les exigences des activités de défense.
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Cette cession s’inscrit dans le plan stratégique du groupe baptisé « IGNITE », qui vise à recentrer le portefeuille d’activités et à renforcer le profil financier de l’équipementier, fragilisé par la faiblesse persistante du marché automobile sur le Vieux Continent.
Le groupe, dont le chiffre d’affaires a reculé au premier trimestre, avait déjà engagé fin avril une autre opération d’envergure : la vente de sa division d’aménagements intérieurs — planches de bord, panneaux de porte et autres équipements — au gestionnaire d’actifs américain Apollo, pour une valorisation de 1,82 milliard d’euros. Une opération pensée pour alléger une dette devenue sous pression.