Crise diplomatique : la Chine déconseille à ses ressortissants les voyages au Japon
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Sanae Takaichi, la nouvelle Première ministre japonaise.
KKH/ZWO - REUTERS - KIM KYUNG-HOON
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Sanae Takaichi, la nouvelle Première ministre japonaise.
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La Chine recommande à ses ressortissants d'éviter de se rendre au Japon, en plein épisode de tensions depuis des propos de la Première ministre nippone évoquant une possible intervention militaire japonaise pour défendre Taïwan, que revendique Pékin.
« Récemment, des dirigeants japonais ont tenu des propos ouvertement provocateurs à l'égard de Taïwan, nuisant gravement au climat des échanges entre les peuples », a déclaré vendredi soir l'ambassade de Chine à Tokyo sur les réseaux sociaux. « Le ministère des Affaires étrangères ainsi que l'ambassade et les consulats de Chine au Japon rappellent solennellement aux citoyens chinois d'éviter de se rendre au Japon dans un avenir proche », ajoute le communiqué, mentionnant « des risques importants » pour leur sécurité.
Le 7 novembre, la nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré au Parlement nippon que si une situation d'urgence à Taïwan impliquait « le déploiement de navires de guerre et le recours à la force, cela pourrait constituer une menace pour la survie du Japon ». « Nous devons envisager le scénario du pire », a-t-elle ajouté.
Des propos largement interprétés comme une indication qu'une attaque contre Taïwan pourrait justifier un soutien militaire de Tokyo à l'île. Selon ses propres règles, le Japon ne peut intervenir militairement que dans certaines conditions, notamment en cas de menace existentielle. Or, c'est à seulement une centaine de kilomètres d'une île japonaise que se trouve Taïwan, dont Pékin revendique la souveraineté, menaçant d'utiliser la force pour la placer sous son contrôle.
La question de Taïwan est d'autant plus sensible entre Pékin et Tokyo que le Japon avait pris le contrôle de l'île en 1895 au détriment de l'Empire chinois, avant de la rétrocéder en 1945 au gouvernement chinois de l'époque.
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Vendredi, Pékin a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur du Japon, jugeant « extrêmement graves » les déclarations de Sanae Takaichi. Le Japon a pour sa part dit avoir fait de même avec l'ambassadeur de Chine, après une menace jugée « extrêmement inappropriée » de la part du consul général de Chine à Osaka, Xue Jian. Dans un message depuis supprimé de X, il avait menacé de « couper cette sale tête sans la moindre hésitation », en citant un article relatant l'intervention de Mme Takaichi.
Tokyo a affirmé vendredi que sa position sur Taïwan restait « inchangée » et a préconisé « la paix et la stabilité ». Samedi, après l'avertissement de la Chine à ses ressortissants, le secrétaire général du gouvernement japonais Minoru Kihara a regretté une recommandation « en contradiction avec la promotion d'une relation stratégique et mutuellement bénéfique » entre Tokyo et Pékin, d'après l'agence Jiji Press.
Les principales compagnies aériennes chinoises ont annoncé samedi proposer à leur clientèle le remboursement intégral de leurs vols pour le Japon, après un appel de Pékin à éviter le pays, en pleine crise diplomatique concernant Taïwan.
Air China, China Southern et China Eastern ont toutes diffusé des communiqués distincts pour rendre publique cette mesure, qui permet aux détenteurs de billets d'avion entre samedi et le 31 décembre de modifier leur itinéraire sans frais ou de se faire rembourser.
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