Des ouvriers chargent du concentré de lithium à la mine Prospect Lithium Zimbabwe à Goromonzi, Zimbabwe, le 9 janvier 2024.
Joe Bavier - REUTERS - REUTERS - Philimon Bulawayo
Si les métaux critiques sont les piliers de la transition énergétique, leur extraction provoque une crise environnementale et sociale majeure. Consommation d’eau record, déchets toxiques et pathologies graves : l’ONU dénonce le coût exorbitant des minerais « verts » pour les pays du Sud et les populations locales.
C’est un paradoxe non résolu sur ce que de nombreux experts désignent comme le « pétrole du XXIe siècle » : si les minerais critiques, dont la demande explose, sont cruciaux pour fabriquer les énergies « propres » (éoliennes, panneaux solaires, etc.), leur extraction du sol reste « sale », forte d’un coût environnemental élevé.
Deux faces d’une même pièce que révèle ce jeudi un rapport de l’Institut de l’eau, de l’environnement et de la santé de l’Université des Nations unies (UNU-INWEH). Derrière l’extraction du lithium, du cobalt et d’autres minéraux stratégiques, se cache selon l’ONU une crise environnementale invisible « que le monde peine à identifier et à gérer ».
Kaveh Madani, chef de l’équipe du rapport, reconnaît que les bouleversements technologiques actuels sont « nécessaires et utiles » à la transition énergétique.
Mais il dénonce : « On ne peut qualifier de verte, durable et juste une transition qui se contente de déplacer les dommages environnementaux des riches vers les pauvres, ou d’un groupe de personnes ou d’une région à un autre. »
L’eau, première ressource naturelle impactée
Premier coût environnemental pointé par son travail, considéré comme un élément central du problème : l’exorbitante quantité d’eau nécessaire pour extraire les minerais en question, alors qu’environ un sixième (16 %) des réserves de ces métaux spécifiques est situé dans des régions où le stress hydrique est élevé.
C’est particulièrement vrai pour le lithium, matière indispensable à la fabrication des batteries des véhicules électriques. Selon le rapport, en 2024, la production mondiale de lithium, estimée à environ 240 000 tonnes, a consommé environ 456 milliards de litres d’eau.
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« Soit l’équivalent des besoins annuels en eau potable de 62 millions de personnes en Afrique subsaharienne », documente l’étude. Une zone du globe qui connaît déjà des sécheresses plus longues et intenses, à cause du dérèglement climatique.