Pascal Portelli (Ignes) : pour électrifier le territoire, « il ne suffira pas de prononcer des discours depuis Paris »
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Pascal Portelli est président d’Ignes depuis 2025.
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L’Ignes regroupe 56 entreprises, 170 sites en France et jusqu’à 140 000 emplois directs et indirects.
Des groupes comme Legrand, Schneider Electric ou Somfy maintiennent production et R&D dans l’Hexagone.
Une gestion connectée peut réduire jusqu’à 30 % la consommation énergétique selon le CSTB.
Transition énergétique, adaptation au dérèglement climatique et adaptation au vieillissement de la population : c’est le tiercé gagnant de l’alliance des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment (Ignes), constituée de 56 PME, ETI et grands groupes. Son président Pascal Portelli, élu il y a un an, prend la parole et aborde les deux sujets du jour : « l’équipe de France de l’électrification » et le projet de loi Relance du logement.
LA TRIBUNE. Qu’attendez-vous de la ministre de l’Énergie, Maud Brégeon, qui reçoit, ce mardi matin, « l’équipe de France de l’électrification » ?
PASCAL PORTELLI. Nous attendons une confirmation et une prolongation de l’élan donné à l’électrification. C’est un sujet de décarbonation et de souveraineté. Comme dans l’aéronautique et le luxe, nous avons des entreprises leaders mondiales qui conçoivent et fabriquent en France. Nous sommes ravis que le gouvernement et que le président de la République s’en soient saisis. Désormais, ils doivent, pour reprendre une métaphore footballistique, pousser le ballon jusqu’au fond du filet.
Vous revendiquez 170 sites implantés partout en France, 30 000 emplois directs et 110 000 emplois indirects (cf. carte ci-après). Pourquoi ?
Il ne suffira pas de prononcer des discours depuis Paris mais de franchir le cap territorial. Des champions à l’international comme Legrand, Schneider Electric, Hager, Delta Dore ou Somfy fabriquent encore essentiellement en France. De la même façon, les centres de recherche et développement restent dans l’Hexagone grâce au crédit d’impôt recherche, qui met les coûts d’ingénierie à un niveau compétitif. Cette R&D n’est pas concentrée dans la région Île-de-France ou dans les villes universitaires, mais se retrouve partout. Et si nous communiquons sur nos emplois, c’est parce qu’ils sont moins visibles que d’autres, alors que nous sommes un vrai secteur employeur. Nous attendons désormais qu’à l’instar des pompes à chaleur, des véhicules électriques ou des panneaux photovoltaïques, soient mis en place des critères de souveraineté sur l’écosystème qui les entoure, et notamment les équipements de sécurité électrique et de pilotage de l’énergie. Produire en France commence par soutenir ceux qui y produisent déjà.