Le contrôle aérien français doit revoir sa copie pour réduire les retards de vols, qui se sont élevés à 6,6 millions de minutes en 2025. En photo, l'aéroport Marseille Provence.
Après le Sénat, la Cour des comptes pointe du doigt les insuffisances du contrôle aérien français. Elle met sur la table le changement de statut des aiguilleurs du ciel, et même des services de la navigation aérienne. De quoi faire réagir Chems Chkioua, le directeur général de l’aviation civile.
Le contrôle aérien français est dans le collimateur. Dix jours après le rapport accablant du sénateur centriste Vincent Capo-Canellas, c’est au tour de la Cour des comptes de fustiger la sous-performance de la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA), via un rapport dévoilé ce dimanche 5 juillet. Là où le premier document empruntait un ton diplomate, le second se veut plus direct et propose des mesures qualifiées « d’urticantes » par certaines sources proches du dossier.
Un sujet sensible, tant la grève de quelques contrôleurs aériens peut clouer au sol des milliers d’avions. Dans un entretien accordé à La Tribune, Chems Chkioua, le directeur général de l’aviation civile (DGAC), met en avant les mesures engagées et ne nie pas la nécessité de faire bouger les lignes.
« Nous n'avons pas attendu les rapports pour agir, même si nous échangeons de manière nourrie avec le sénateur et la Cour des comptes pour objectiver les constats », assure Chems Chkioua, arrivé à la tête de l’aviation civile depuis dix mois. « Des réformes majeures ont été engagées sous l’impulsion du Ministre des Transports, Philippe Tabarot, sans le tableau apocalyptique parfois décrit. »
La France, mauvaise élève de l'Europe
Et le dirigeant de relever qu’un record absolu de survol en France a d’ailleurs été enregistré début juillet, avec plus de 12 000 vols sur une journée, « et qu’aucun centre français ne figurait parmi les plus gros générateurs de retards en Europe ce jour-là ». En outre, depuis début 2026, la performance de la DSNA – l’une des directions de la DGAC – s’est améliorée de 40 %, en comparaison, il faut dire, à une année 2025 imarquée par plusieurs mouvements sociaux.
Il n’empêche, le contrôle aérien français fait figure de maillon faible en Europe. En 2025, ses défaillances ont généré 6,6 millions de minutes de retards de vols (+60 % par rapport à 2029), se matérialisant par une perte de 840 millions d’euros (carburant, dédommagement…), comme l’a relevé le rapport de Vincent Capo-Canellas, lequel avait déjà livré plusieurs rapports du même acabit depuis 2018. L’an dernier, la France a ainsi représenté à elle-seule 36,1 % des retards dans le ciel européen, selon les données d’Eurocontrol. Au point d’être évitée par certaines compagnies aériennes et de « s’exposer à des sanctions européennes », d’après la Cour des Comptes.
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