Industrie : comment Cap Ingelec se prépare à l'arrivée massive de centres de données

Le nouveau siège de Cap Ingelec, à Mérignac, près de Bordeaux.
Cap Ingelec

Le nouveau siège de Cap Ingelec, à Mérignac, près de Bordeaux.
Cap Ingelec
Il y a ceux qui voient le verre à moitié vide et ceux qui le voient à moitié plein. Il y a ceux qui se désolent des lourdes difficultés de l'industrie tricolore, et ceux qui se préparent déjà à l'étape d'après. Matthieu Calès, le PDG de Cap Ingelec, se range indéniablement dans la seconde catégorie tant il s'attache à préparer l'ETI familiale à une phase de forte croissance.
L'entreprise girondine a fait de la réalisation de projets industriels complexes, clé en main, sa spécialité. Fils du fondateur Jean-Paul Calès, Matthieu Calès est entré chez Cap Ingelec en 2011 avant d'en prendre la direction en 2019 puis d'en devenir le PDG en 2024. Et en l'espace de deux ans, les principaux indicateurs de l'entreprise témoignent de la profonde transformation déjà à l’œuvre.
Les effectifs ont doublé pour atteindre 900 salariés et le chiffre d'affaires a bondi de 446 millions d'euros en 2024, à près de 700 millions d'euros cette année. Et, malgré ce coup d'accélérateur, c'est bien la taille de l'entreprise qui reste le principal frein en empêchant Cap Ingelec de répondre à tous les projets identifiés.
Pour se démarquer de ses concurrents qui sont souvent de grands groupes de l'ingénierie ou de la construction tels qu'Artelia, Egis, Ingerop ou les géants du BTP, Cap Ingelec mise sur des prestations intégrales. « On gère tout le projet de A à Z - conception, réalisation, livraison - en s'engageant sur les budgets et sur les délais. Nous sommes le seul interlocuteur de nos clients », résume Matthieu Calès. « C'est un placement de niche qui est relativement complexe mais c'est le cœur de notre création de valeur. »
En parallèle, le PDG a fait le tri dans ses activités pour se concentrer sur les marchés les plus pertinents et porteurs à commencer par celui des centres de données. « Les data centers c'est la moitié de notre activité avec des clients tels que Data4 et TeleHouse », précise Matthieu Calès, qui a regardé avec grand intérêt la pluie d'investissements annoncés dans le secteur lors de Choose France.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À côté de cela, Cap Ingelec travaille aussi pour la pharmacie et les cosmétiques, notamment Guerlain et l'Occitane, la micro-électronique, l’aéronautique et un peu d'agroalimentaire mais aussi pour développer des projets de production ou d'intégration d'énergies renouvelables sur des sites industriels. L'entreprise girondine a, par exemple, signé l'usine de batteries d'ACC en Charente ou le datacenter d'Equinix en Gironde.
Pour aborder tous ces marchés, 200 à 250 créations de postes sont planifiées sur la seule année 2026. « Nous menons depuis début 2025 un gros projet de transformation pour être pleinement opérationnel à l'horizon 2027/2028 », développe Matthieu Calès, qui sera épaulé par un nouveau directeur général au mois de septembre.
« Nous avons structuré des directions bien identifiées pour le développement, l'ingénierie, les opérations et la performance. L'objectif, c'est de devenir une entreprise industrielle capable de livrer systématiquement des projets de qualité. » Une feuille de route qui doit mener l'entreprise à tutoyer le milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2030.
À lire également
Le tout sans renoncer à son ancrage girondin. L'ETI vient de se doter d'un nouveau siège flambant neuf, à Mérignac, pour y rassembler toutes ses équipes de la région bordelaise. Cap Ingelec conserve aussi son ADN d'actionnariat salarié puisque 60 % du capital est détenu par les collaborateurs.