Les prévisions sont alarmantes. La Banque mondiale prévoit, dans un rapport publié ce mardi 28 avril, une hausse du coût des engrais de 31 % en 2026. Ce scénario suppose un retour rapide du trafic dans le détroit d'Ormuz à son niveau d'avant-guerre d'ici au mois d'octobre. Ce scénario optimiste projette tout de même une hausse de 60 % pour l'urée. Cet engrais azoté est largement utilisé dans l'agriculture.
Une augmentation des prix qui s'explique tout d'abord par la forte hausse du prix du gaz naturel, qui représente une majeure partie des coûts de production de l'ammoniac, élément clé dans la production d'engrais azotés.
Par ailleurs, la disponibilité de ces derniers pourrait être plus complexe dans un futur proche, étant donné que le détroit au cœur du conflit au Moyen-Orient est un point de passage pour 30 à 35 % de la production mondiale des engrais selon des analystes.
Dans ce contexte, les pouvoirs publics français doivent-ils se pencher davantage sur le sujet de l'usine LAT Nitrogen à Grandpuits (Seine-et-Marne) ? Pour mémoire, son propriétaire, le groupe tchèque Agrofert, a annoncé le 30 mars avoir pour projet d'arrêter la production d'engrais azotés sur cette plateforme chimique avant la fin du mois d'août, entraînant de fait 115 licenciements économiques. Surtout, le site est spécialisé dans la production... d'ammonitrate et d’urée.