OPINION. « L’avenir du secteur aérien doit aussi s’écrire au féminin »
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Par Lynda Baumann, Directrice Générale – Hub Opérations chez FedEx (*)
Non pas par manque de compétences ou d’appétences, mais parce que le secteur, historiquement masculin, doit encore évoluer vers davantage de mixité. Cette transformation est en cours dans de nombreuses entreprises, et mérite d’être poursuivie collectivement.
Dans un contexte où le secteur aérien fait face à de profondes évolutions — environnementales, opérationnelles, technologiques — les organisations doivent attirer et fidéliser tous les talents. Aujourd’hui, les femmes représentent 24 % des effectifs aéronautiques en France et 16 % des postes techniques. Ces chiffres témoignent du chemin parcouru, mais aussi du potentiel qui reste à développer. Pour une filière qui se veut innovante, diversifier les profils est une opportunité avant tout.
La progression est réelle, même si elle reste contrastée selon les métiers. Certaines activités se sont fortement ouvertes — régulation, sûreté — tandis que d’autres domaines comme la maintenance, le pilotage, l’ingénierie ou les opérations demeurent majoritairement masculins. Les femmes restent également sous-représentées dans les instances de direction, là où se façonnent les décisions clés. À titre d’illustration, seules 8 des 100 plus grandes compagnies aériennes mondiales sont dirigées par une femme.
Pourtant, les bénéfices de la diversité sont largement documentés. Des équipes plus mixtes améliorent la prise de décision, renforcent la sécurité opérationnelle et favorisent la performance durable. Une étude de McKinsey publiée en 2023 l’a montré, des équipes plus diverses prennent de meilleures décisions et anticipent mieux les risques au bénéfice de la performance financière et opérationnelle de l’entreprise.
Les obstacles à une plus grande mixité sont connus. Ils apparaissent parfois dès l’orientation scolaire, où les métiers techniques et scientifiques de l’aérien restent insuffisamment associés à des parcours féminins. Ils se poursuivent dans l’organisation du travail — horaires atypiques, modèles de carrière parfois rigides — et peuvent se refléter dans certains processus de recrutement ou de promotion dont les biais tendent, cependant, à s’effacer peu à peu.
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Face à ces obstacles, le secteur est en mouvement et certaines initiatives montrent la voie. Des organisations pionnières ont mis en place des programmes pour accélérer l’essor des carrières féminines. C’est le cas, entre autres, d’Aérométiers, qui a lancé dès 2009 l’initiative « Féminisons les métiers de l’aérien » pour inciter les acteurs à s’engager sur des bonnes pratiques. Des entreprises, parallèlement, ont revu leurs critères de promotion ou fixé des objectifs clairs de mixité dans leurs équipes et leurs instances dirigeantes. En matière de formation, des partenariats avec des écoles et des lycées permettent de rendre visibles des « role models » féminins et de lutter contre l’autocensure. Ces actions ne relèvent pas du symbole : elles produisent des résultats mesurables en matière d’attractivité, de fidélisation et de performance.
La féminisation des métiers de l’aérien ne pourra progresser que si tous les acteurs de la filière avancent ensemble. Nul ne peut réussir seul : compagnies, gestionnaires d’aéroports, entreprises du fret, écoles, pouvoirs publics... chacun a un rôle à jouer ! En travaillant de manière concertée, en partageant les bonnes pratiques et en valorisant les réussites, il est possible de créer un environnement plus équilibré et plus inclusif au bénéfice de tous les talents.
Encourager la présence des femmes dans nos équipes, nos métiers et nos centres de décision n’est ni une tendance passagère ni une concession : c’est une condition essentielle pour construire l’avenir de notre industrie.
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(*) Lynda Baumann est Directrice Générale des Opérations du Hub aérien de FedEx à Roissy CDG. Forte de plus de 20 ans d’expérience au sein du groupe, elle a occupé plusieurs postes de direction en Europe, notamment en planification, ingénierie et gestion des opérations aériennes. Elle a joué un rôle central dans des projets stratégiques majeurs, dont l’expansion du hub de CDG, visant à renforcer les capacités et la performance du réseau. Ingénieure de formation, elle est reconnue pour son expertise en excellence opérationnelle et en transformation des infrastructures logistiques.
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