Croissance anémique au Royaume-Uni

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PIB britannique - Courbe: glissement annuel; bâtons: glissement trimestriel.  Copyright ONS
PIB britannique - Courbe: glissement annuel; bâtons: glissement trimestriel. Copyright ONS (Crédits : ONS)
Le PIB a deuxième trimestre n'a progressé que de 0,2%, alors que l'austérité budgétaire et l'inflation prennent les consommateurs en tenaille. Le débat sur les risques d'une austérité trop forte est relancé.

L'économie britannique n'a pas calé, mais elle tourne au ralenti. Le PIB au 2ème trimestre n'a progressé que de 0,2%, selon les premières estimations publiées par le Bureau des statistiques britannique ce mardi (le rapport en pdf en anglais est ici). Sur un an, la croissance atteint péniblement 0,7%. "Nous ne sommes pas revenus en récession, mais avec des chiffres comme ceux-là, c'est l'impression que cela peut donner", s'inquiète Graeme Leach, chef économiste de l'Institute of Directors, un groupe patronal.

Ces chiffres étaient attendus avec une certaine impatience par les économistes et la classe politique dans la mesure où ce sont les premiers à mesurer l'effet de l'austérité. Les grandes coupes budgétaires, annoncées l'an dernier bruyamment par la coalition au pouvoir, n'ont commencé à entrer en vigueur qu'en avril, avec la nouvelle année fiscale (avril à mars). Une première vague de licenciements dans la fonction publique est désormais effective.

Pour les ménages britanniques, cela se traduit par une véritable tempête sur leur portefeuille. En même temps que l'austérité entre en vigueur, l'inflation flambe (elle est actuellement de 4,2% sur un an). De plus, pendant la décennie précédant la crise, ils se sont fortement endettés.  Ils doivent donc rembourser leurs emprunts tout en voyant leur pouvoir d'achat se réduire et les aides de l'Etat se réduire.

Dans le détail, l'industrie a particulièrement souffert, avec un recul au deuxième trimestre de 1,4%. Les services sont plus solides, en croissance de 0,5%. Quant à l'impact des dépenses du gouvernement, elle est nulle d'un trimestre à l'autre. Cela indique que l'austérité n'en est qu'à ses débuts, et que la baisse à venir des dépenses de l'Etat va avoir un impact encore plus négatif sur les trimestres à venir.

Les économistes en concluent donc que la croissance va rester très faible pour le reste de 2011. Ils prévoient en moyenne à peine plus de 1% de croissance pour l'ensemble de l'année. 

Cela veut-il dire qu'il faut ralentir l'austérité? Les yeux braqués sur la tempête dans la zone euro, une bonne partie des analystes -et le gouvernement- répliquent qu'il n'en est pas question. "La croissance médiocre vient largement de facteurs extérieurs tels que les prix élevés des matières premières et la baisse des revenus réels à cause de l'inflation, pas des mesures d'austérité", estime Scott Corfe, du Centre for Economic and Business Research. George Osborne, le chancelier de l'Echiquier, estime que de relâcher l'effort maintenant risquerait de provoquer une attaque des marchés financiers sur le Royaume-Uni, ce qui augmenterait les taux d'intérêt, et donc ralentirait encore plus l'économie. Avec son programme de coupes budgétaires, il se vante d'avoir fait de la Grande-Bretagne "un port sûr au milieu de la tempête".

Cela ne convainc pas l'opposition, ni les économistes keynésiens, qui en appellent à un "plan B" pour relancer l'économie. Certains demandent aussi à la banque d'Angleterre de refaire marcher la planche à billets, avec un nouveau programme d'achats d'obligations. Pour l'instant, ni le gouvernement ni la banque d'Angleterre ne semblent prêts à changer leur politique. Mais la situation de l'économie britannique reste très délicate.

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