Les objectifs de Casino peinent à séduire les investisseurs

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Après avoir affiché un résultat net part du groupe des activités poursuivies en hausse de 3 % pour 2010, le groupe de distribution annonce qu'il vise plus de 10% de croissance par an sur trois ans. Il prévoit également une cession d'actifs de 700 millions d'euros. Malgré tout, le titre en Bourse s'est maintenu à l'équilibre.

Casino a publié ce mardi des résultats conformes à ses propres estimations données en janvier. Il annonce également qu'il se fixe de nouveaux objectifs de croissance pour les trois années à venir et vise pour 2011. Le distributeur français, qui avait publié un chiffre d'affaires annuel en hausse de 8,7% et supérieur aux attentes, dit viser une croissance annuelle de ses ventes de plus de 10% au cours des trois prochaines années.

Le groupe, propriétaire de Franprix, Monoprix (détenu à 50-50 avec les Galeries Lafayette), des hypermarchés Géant et de l'enseigne discount Leader Price, ajoute vouloir renforcer sa part de marché en France en 2011, après une progression de 0,2 point en 2010. Il souhaite également faire progresser la marge de Franprix-Leader Price, en baisse de deux points à 4,1% l'an dernier. "Notre feuille de route 2011 affiche une nouvelle ambition de croissance sur tous nos formats et géographies", déclare le PDG Jean-Charles Naouri, dans un communiqué.

Malgré ces bonnes nouvelles et l'annonce du versement d'un dividende, le titre ne réagit que très faiblement en Bourse. Après avoir progressé jusque 0,94 %au plus haut  et perdu 0,44 % a plus bas, l'action a terminé la séance à l'équilibre parfait..

Casino réalise encore plus de la moitié (58%) de son chiffre d'affaires en France où, comme nombre de distributeurs, il souffre d'une consommation morose et d'une rentabilité mise à mal par des politiques de prix. Ces dernières sont très agressives dans un contexte concurrentiel tendu. Le distributeur occupe la quatrième place sur le marché français de la distribution, derrière Carrefour et les groupements indépendants Leclerc et Intermarché, selon les données de l'institut Kantar.

Résultat dopé par un élément fiscal

A l'inverse, le groupe poursuit un développement ciblé sur les marchés émergents à forte croissance, sur lesquels ses ventes ont grimpé de 30% l'an dernier. Casino a racheté les activités thaïlandaises de Carrefour en novembre 2010 pour une valeur de 868 millions d'euros, renforçant ainsi sa position concurrentielle en Asie face au britannique Tesco.

Le groupe a vu son résultat opérationnel courant 2010 progresser de 7,5% à 1,3 milliard d'euros grâce à un élément exceptionnel. Ce dernier est lié au reclassement fiscal d'une partie de la taxe professionnelle (qui n'interviendra qu'une fois). Grâce à cet élément exceptionnel, la marge est restée stable à 4,5%. Sans l'effet de ce reclassement, la progression du résultat est limitée à 2,6%, à 1,24 milliard d'euros, conformément aux indications déjà données par le groupe, et la marge recule à 4,26%.

Casino, qui avait indiqué en janvier avoir dépassé son objectif de 1 milliard d'euros de cessions en 2009-2010, a précisé mardi que ce montant avait atteint 1,4 milliard. Ces cessions ont permis de réduire sa dette financière à 3,84 milliards d'euros, soit un ratio de dette nette/Ebitda de 1,97, inférieur à l'objectif de 2,2 que s'était fixé le distributeur pour la fin 2010.

Il a également engagé un nouveau programme de cessions d'actifs pour l'année 2011 portant sur environ 700 millions d'euros. Le résultat net progresse de 3% à 559 millions d'euros, un chiffre légèrement supérieur au consensus des analystes (538 millions) selon l'agence Reuters. Le dividende proposé a, pour sa part, été augmenté de 4,9% à 2,78 euros au titre de l'exercice 2010.

Le groupe commentera ces chiffres lors d'une conférence prévue à 10 heures ce mardi matin. Il sera très attendu sur ses perspectives sur le marché français et sur sa politique de prix, alors que la flambée des cours des matières premières rend les hausses de tarifs inéluctables.

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