Les Bourses européennes sauvées par les statistiques américaines

Après avoir vu leurs espoirs de rachats de dettes souveraines douchés hier par la BCE, les investisseurs sont dans un premier temps restés dubitatifs face aux nouvelles mesures prises par les états membres de l'UE avant de saluer de bons indicateurs américains.

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Après s'être montrés hésitants dans les premiers échanges sur la direction à prendre, les marchés financiers européens ont finalement opté pour la hausse après la publication, outre-Atlantique, de bons indicateurs macroéconomiques. Au final, le CAC 40 a terminé sur un bond de 2,48% à 3.172,35 points. Ailleurs en Europe, le Dax 30 a pris 1,91%, l'Ibex 35 a avancé de 2,23%, le Ftse Mib de 3,37%. A Londres, le Footsie n'a grimpé que de 0,83%.

La montagne n'aurait-elle pas accouché d'une souris ? Telle était la question que semblaient se poser les investisseurs. Alors que Nicolas Sarkozy avait déclaré que « jamais l'Europe (...) n'a été aussi en danger (...) et jamais le risque d'explosion de l'Europe n'a été aussi grand », l'accord trouvé à l'issue de plus de 10 heures de discussions a, semble-t-il , déçu les attentes. « Le communiqué de ce matin apporte peu d'éléments nouveaux sur le fond en termes de gouvernance. Les marchés avaient déjà intégré ces éléments. Il n'offre, de plus, pas de solution convaincante pour apporter rapidement des financements aux pays en difficulté » estiment les équipes d'Aurel BGC.

Par ailleurs, le bureau d'études met l'accent sur une annonce surprenante  : l'augmentation des capacités d'intervention du FMI de 200 milliards d'euros sous la forme de prêt bilatéraux. Les banques centrales nationales de la zone euro financeraient cette augmentation à hauteur de 150 milliards d'euros, le solde étant couvert par les états. Une annonce qui pose problème selon Aurel BGC. Elle contredit en effet les propos tenus jeudi par Mario Draghi pour qui l'esprit des traités et notamment celui de Lisbonne interdit tout financement par le BCE et, au-delà, des banques centrales nationales qui en font partie.

Malgré tout, les places financières parvenaient à se maintenir dans le vert. A la faveur, en partie, de la progression des valeurs bancairesmaos également grâce à l'information selon laquelle la banque centrale chinoise allait créer un nouveau véhicule d'investissement pour gérer deux fonds ciblant les économies occidentales. Toutefois,  la hausse ne s'est réellement accentuée qu'après la publication des statistiques américaines bien meilleures que prévu. Ainsi, le déficit commercial des Etats-Unis s'est réduit en octobre pour toucher, à 43,5 milliards de dollars, son niveau le plus bas en dix mois. Par ailleurs, le moral des ménages américains, calculé par Thomson Reuters et l'Université du Michigan, est ressorti à 67,7 points pour le mois de décembre contre 64,1 points le mois précédent, revenant ainsi à son niveau du mois de juin. Le consensus l'attendait à 65,5 points.

Sur le front des valeurs

La révision à la baisse des besoins en fonds propres des banques françaises, estimés par l'autorité bancaire européenne (EBA), par rapport à l'estimation initiale d'octobre a fait passer au second plan la dégradation de la note de crédit des établissements français par Moody's. Ainsi, BNP Paribas s'est adjugé 4,48%, Crédit Agricole 4,13% et Société Générale 2,38%.

Les valeurs cycliques ont également été très entourées à l'image de Schneider Electric (+5,18%), d'ArcelorMittal (+4,47%), de Vallourec (+3,99%) ou encore d'Alstom (+3,85%).

Alcatel Lucent (+7,13%) a signé la plus forte progression du CAC 40. Sanford Bernstein a relevé sa recommandation. Jusqu'alors à "conserver", le bureau d'étude préconise dorénavant l'achat.

Suez Environnement (+3,67%) a concluun accord de cession de sa filiale allemande Eurawasser pour un montant de 95 millions d'euros.

A l'inverse Pernod Ricard (-1,48%) a signé le plus fort repli de l'indice. Le titre est pénalisé par l'abaissement du conseil du CM-CIC Securities. L'intermédiaire n'est plus à l'achat mais à "accumuler".

StMicroelectronics a terminé inchangé, ratant le rebond des valeurs cycliques. Le titre a été pénalisé par la révision à la baisse des revenus du quatrième trimestre de Texas Instrument.

Hors CAC

Club Méditerranée attaqué en début de séance a finalement progressé de 6,46%. Le groupe a amélioré sa rentabilité sur l'exercice 2010-2011 à la faveur de l'accélération de son positionnement sur le haut de gamme, qui le protège des aléas conjoncturels, mais le groupe annonce aussi un ralentissement de ses réservations sur les huit dernières semaines. Par ailleurs, Fosun actionnaire du groupe à hauteur de 7,40% souhaite monter au delà des 10%.

Devise et Pétrole

La monnaie unique mal orienté face au billet vert en matinée a terminé en hausse. A la clôture des marchés européens, un euro s'échangeait contre 1,337 dollar (+0,25%). Dans le même temps, les cours du pétrole grimpaient. Le Brent de la mer du Nord prenait 0,33% à 107,9 dollars tandis que le WTI valait 98,57 dollars (+0,25%).

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