L'euro échoue aux portes des 1,25, plombé par la BCE

n dépit d'une économie européenne au bord de la récession, et d'un taux de chômage record à 11%, la BCE a décidé de laisser son taux directeur inchangé. Malgré une révision en baisse des perspectives de croissance pour 2012 qui serait comprise entre -0,5% et +0,3%, et une croissance qui ne devrait pas dépasser les 1% en 2013, le taux de refinancement reste sans surprise à 1,%, un scénario qui était largement anticipé par le marché.

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Pourtant, l?espoir était à nouveau permis quant aux mesures exceptionnelles qu?auraient pu prendre la banque centrale pour soutenir le secteur bancaire qui pointe d?ailleurs en hausse à la bourse de Paris. A quelques minutes de la très attendue conférence de presse du président de la BCE, Paris avançait de 2%, aux portes des 3050 alors que l?euro renouait avec les 1,25.
Et pourtant, c?est une fois encore la déception qui domine la tendance après le discours Mario Draghi. L?euro ralentit sa hausse à 0,23% à 1,2470 après avoir testé un plus haut à 1,2529 à l?annonce du statu quo sur les taux.

Les attentes des marchés étaient en effet particulièrement élevées quant aux mesures qu?auraient pu prendre la BCE.
L?hypothèse d'une reprise du programme d'achat d'obligations (SMP) était la plus crédible à l?heure où les rendements obligataires espagnols (6,21%), et dans une moindre mesure, italiens (5,59%) atteignent des niveaux dangereux. Ce scénario, qui avait le plus de chances de se réaliser aurait en effet permis de faire refluer les taux des pays périphériques à des niveaux plus supportables.

Par ailleurs, les marchés espéraient, mais sans trop y croire, que la BCE sorte l?artillerie lourde, et plus précisément, qu?elle évoque la possibilité d?un 3ème LTRO afin de renforcer la solidité et la confiance du secteur bancaire. Pour rappel, la BCE a prêté de l?argent frais à deux reprises à plus de 520 banques européennes assortis de taux très attractifs (1%) et sur une période prolongée de 3 ans. Un QE déguisé, qui a permis à la BCE d?injecter au total plus de 1000 milliards d?euros dans le circuit financier. L?objectif était de fournir des liquidités aux banques pour qu?elles rachètent des dettes souveraines, mais l'effet bénéfique de ces opérations a fini par s'estomper et les coûts d'emprunt des pays les plus fragiles de la zone euro remontent à nouveau.

Si Mario Draghi reconnait que la situation se dégrade à nouveau sur les marchés financiers, aucune mesure n?a été prise pour ramener la confiance. L?euro accuse le coup, réduisant ses gains pour s?échanger à 1,2469 alors qu?il s?était confortablement installé au dessus des 1,25 avant la conférence de presse. En revanche, il reste nette hausse de 0,9% face au yen, à 98,84. Un rebond de la devise européenne imputable directement au plongeon du yen alors que l ?aversion au risque sur les marchés diminue. De fait, lorsque les marchés actions rebondissent et que les opérateurs reprennent gout au risque, des prises de bénéfices interviennent sur la devise refuge du moment. La monnaie nippone chute ainsi de 0,5% face au dollar à 79,14 alors que le billet vert s?inscrit en hausse face aux autres monnaies. Par ailleurs, le mouvement le plus spectaculaire sur le marché des changes a lieu sur la paire AUD-JPY, qui se matérialise par une chute de 2% du yen face au dollar australien, l?aussie qui profite de son coté d?une croissance australienne nettement plus solide que prévu : 1,3% au premier trimestre alors que les économistes tablaient sur une hausse du PIB de 0,6%.

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