L'Italie lève sans difficulté 3,5 milliards d'euros de dette à trois ans

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(Crédits : Bloomberg)
L'Italie fait un pied de nez à Moody's, qui vient de dégrader de deux crans la note souveraine du pays, en parvenant à lever ce jeudi un total de 5 milliards de dette à court et moyen terme, avec des rendements en baisse.

Le Trésor transalpin a placé 3,5 milliards d'euros de dette à 3 ans, sans difficulté puisque l'offre totale a dépassé les 6 milliards d'euros. Sur les obligations arrivant à échéance en juillet 2015, le rendement s'inscrit en forte baisse tombant à 4,65%, contre 5,3% précédemment. L'Italie a également placé pour 766 millions d'euros de dette à maturité septembre 2019, avec un rendement qui s'inscrit à 5,58% en baisse par rapport aux 6,1% consentis par le trésor transalpin en juin dernier, pour un ratio de couverture de 1,91 fois.
Rome a également levé 600 millions d'euros de dette à maturité mars 2022, pour un rendement à 5,82% avec une demande couvrant 1,74 fois l'offre. Cette opération s'est en revanche révélée moins favorable que celle du 14 mai dernier où le taux s'était inscrit à 5,66% pour un ratio de couverture de 2,27 fois. Enfin Rome a placé 384 millions de dette à maturité août 2023, assorti d'un rendement de 5,89%. La demande a été particulièrement élevée avec un ratio de couverture de 2,33.

En récession depuis la fin 2011

Au regard des résultats de l'opération, il semblerait que la dégradation de la note souveraine Italienne par Moody's de « A3 » à « Baa2 » soit un non évènement. Pourtant, l'Italie, entrée officiellement en récession fin 2011, est dans une situation délicate. Son économie s'est encore contractée au premier trimestre 2012 avec un nouveau repli de 0,8 % du PIB , plombé en partie par une vague sans précédent de plans d'austérité pour rassurer la zone euro les marchés.

C'est précisément en raison de la dégradation des perspectives de croissance économiques et des "risques de contagion" émanant de l'Espagne et de la Grèce que Moody's a dégradé de deux crans la note souveraine de Milan. Le pays qui lutte pour conserver la confiance du marché pourrait connaître une croissance "faible" et un "chômage plus élevé", l'empêchant de remplir ses objectifs de réduction des déficits et faisant naître le risque que le pays "ne puisse plus se financer auprès des marchés financiers", souligne l'agence de notation dans son communiqué.

Sur le marché secondaire, le rendement des obligations à 10 ans italienne s'inscrivait en hausse de 8 points de base, à 5,97% quand le 10 ans espagnol se tendait légèrement de 3 points de base, pour s'établir à 6,58%.

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a écrit le 14/07/2012 à 9:44 :
Je voulais signaler que le patrimoin privé des italiens est un multiple de la dette de l'Etat italien, ce qui n'est pas le cas pour la Grèce, nous avons bp plus de moyens de ce que l'on croit. Il faut ajouter que le 40% de la dette de l'Etat italien est detenu par des italiens (particuliers ou fonds d'investissement), donc on est en bonne mesure endettés evers nous meme, on est pas totalement dépendants de l'étranger pour réfinancer à chaque fois cette dette
a écrit le 13/07/2012 à 14:43 :
Moody's se contrefiche pas mal que l'Italie lui fasse un "pied de nez"! avec une dette dite "souveraine" à 120% du PIB, qui paye en cas de défaut? surement pas Moody's, ils vont très bien, merci pour eux.
a écrit le 13/07/2012 à 14:18 :
Je dégrade la note de Moody's de deux points.
L'ultra-libéralisme, c'est ça : le pouvoir politique aux mains des banksters. Alors, pourquoi ne pas noter nous-même ces organismes aux effets toxiques ?
PB

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