Les entreprises françaises n'ont pas dit non au schiste

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Le pétrole et les gaz de schiste sont au coeur du bouleversement économique et géopolitique en cours. Très controversées car très polluantes, ces énergies non conventionnelles devraient permettre aux Etats-Unis de devenir le premier producteur d'hydrocarbures du monde vers 2017 et indépendants énergétiquement en 2020. En France, François Hollande a fermé la porte, pour l'instant. Ce qui n'empêche pas les entreprises françaises de partir à l'assaut du secteur.

Les entreprises françaises n'ont pas attendu l'avis de François Hollande pour investir sur le marché des gaz de schiste. Il faut dire qu'aux Etats-Unis, la production de gaz de schiste se développe depuis 2004 et elle y représente aujourd'hui 30 % de la production de gaz naturel. Les gaz de schiste ont contribué à la création de 600.000 euros emplois en 2010 aux Etats Unis. Les entreprises françaises ont donc commencé depuis quelques années à se positionner donc sur le marché américain des gaz non conventionnels, en espérant qu'il se développe en Asie et en Europe, voire peut être en France le jour où on trouverait une technique d'extraction moins polluante.

Vallourec, très présent aux Etats-Unis

Fin 2009, Total a pris une participation de 25% dans un champ texan, appartenant à la société Chesapeake, et qui contient à la fois du gaz et du pétrole de schiste. Et en début d'année, le groupe français a remis cela avec une nouvelle participation de 25% dans un autre gisement de Chesapeake, dans l'Ohio.

Si Total fut le premier français à investir le marché américain, Vallourec est sans doute le plus présent. Le fabricant de tubes sans soudure réaliserait en effet 80% de son chiffre d'affaires d'Amérique du Nord sur le gaz de schiste. Par ailleurs, la nouvelle usine du groupe construite dans l'Ohio se consacrera principalement à la production de tubes destinés à l'exploitation d'hydrocarbures de schiste.

Technip et Imerys aussi

Technip veut également profiter de l'essor du pétrole de schiste. Là où la capacité de raffinage stagne à 25 millions de barils par jour en Europe, elle va passer de 21 millions en 2010 à 23 millions en 2035 en Amérique du Nord. Pour participer à cet élan, Technip l'un des leaders dans la construction de plateforme de raffinage, s'est lancé en mars 2012 dans l'acquisition de l'ingénieriste américain Stone & Webster Process technologies et de ses métiers associés d'ingénierie pétrole et gaz de schiste.

Enfin, plusieurs entreprises sont présentes sur le marché pointu de la fracturation hydraulique de la roche-mère, la technique d'extraction du gaz de schiste. Imerys a identifié le potentiel de ce marché depuis 2008 et lui a alloué un effort de recherche conséquent. 14 brevets ont été déposés dans ce domaine, en particulier dans le domaine des proppants, des agents de soutènement destinés à maintenir ouvertes les fractures de la roche. Leur utilisation se développe rapidement dans l'exploration des gaz de schistes en Amérique du Nord. Autres sociétés françaises présente dans ce secteur, Saint Gobain et Air Liquide, mais aussi Veolia, qui souhaite se développer dans le recyclage de l'eau des gaz de schiste.

Vers une extraction moins polluante ?

L'amélioration de la fracturation hydraulique est un enjeu majeur pour rendre l'extraction moins polluante et donc permise en France. Et tandis que des sociétés comme Total et Vallourec ont déjà les yeux tournés vers l'Asie pour développer cette activité, c'est sans doute sur des sociétés comme Imerys, Air liquide et Veolia qu'il faut compter pour voir la France devenir un jour dépendant énergétiquement.

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a écrit le 21/11/2012 à 13:07 :
A rapprocher d'une nouvelle entendu ce matin : la quantité de CO2 rejetée dans l'atmosphère a battu tous les records cette année (=> augmentation plus rapide que prévue de l'effet de serre), notamment à cause des USA et des gaz et pétrole de schiste et de la croissance de la Chine (et du fait qu'il n'en n'ont rien à foutre tous les deux !) ?
a écrit le 20/11/2012 à 18:45 :
Je pense qu'il y a une "petite" coquille dans la dernière phrase, je pense que vous avez voulu dire "... voir la France devenir un jour INdépendante énergétiquement".
Petite coquille qui "crac" économiquement parlant!

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