La Bourse russe candidate à sa propre cotation

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L'Europe boursière se construit au jour le jour. Dernière manoeuvre en date : la volonté de la place russe de s'introduire en Bourse. Sa valorisation est de 3,4 milliards d'euros contre 3,7 milliards d'euros pour celle de Londres.

Les grandes man?uvres s'accélèrent décidément autour de la construction des plateformes boursières. Après l'opération dévoilée fin décembre par l'américain ICE sur Nyse Euronext avec la volonté de créer un champion mondial des produits dérivés, c'est au tour de la Bourse russe de se préparer à défier de nouveaux challenges.

Pour ce faire, l'opérateur du marché financier moscovite, Micex-RTS, vient d'annoncer un projet d'introduction en Bourse. « Cette cotation entre dans la stratégie du groupe qui consiste à promouvoir le développement des marchés locaux de capitaux ainsi qu'à renforcer l'attrait régional et international de Moscou en tant que place financière", souligne le président du conseil de surveillance du groupe boursier Sergueï Chvetsov. Micex-RTS est le fruit de la fusion fin 2011 des deux Bourses locales. La société est valorisée autour de 3,4 milliards d'euros et espère bien récolter près de 400 millions d'euros à l'occasion de sa cotation. La banque centrale russe à la tête de 24,3% du capital, n'entend pas céder ses titres.

Les plus grands groupes russes déjà cotés sur leur place locale

Actuellement, 694 sociétés sont cotées sur la place moscovite, dont les plus importants groupes du pays comme le producteur de gaz Gazprom, les pétroliers Rosneft et Loukoïl ou encore les banques VTB et Sberbank. La Bourse de Moscou dispose également de plateformes d'échanges pour les titres de dette, les devises et les produits dérivés. Elle a enregistré un bénéfice net de 6,4 milliards de roubles (160 millions d'euros) sur les neuf premiers mois de l'année 2012. Elle a précisé avoir enregistré une croissance annuelle moyenne de 23% de son bénéfice d'exploitation entre 2009 et 2011.

Les autorités russes affichent de longue date leur volonté de transformer Moscou en centre financier international. Depuis, le groupe a noué un partenariat stratégique avec son homologue allemand, Deutsche Börse, et s'est doté d'un organisme centralisé chargé du dépôt des obligations échangées en Russie, afin de faciliter l'accès des investisseurs étrangers sur le marché de la dette. Le gouvernement travaille actuellement à la mise sur pied d'un "méga-régulateur" des marchés financiers sur la base de la banque centrale.

La concurrence de la place londonienne

La Russie peine à attirer les investissements étrangers et a subi l'an dernier une fuite des capitaux de 56 milliards de dollars, un indicateur suivi de près par les milieux économiques qui y voient un signe de mauvais climat des affaires. Nombre de sociétés privées russes choisissent en effet une double entrée en Bourse, à Moscou et sur une place financière plus réputée, comme New York, Londres, voire Hong Kong.

Quel partenaire naturel ? Londres ou Francfort ?

La place russe est en effet, l'une des rares plateformes de cotation européenne non cotée. Ses homologues allemande (Deutsche Börse), britannique (London Stock Exchange) ou américano-européenne (Nyse Euronext) sont effectivement cotées de longue date. La première vaut aujourd'hui 9 milliards d'euros, la seconde vaut 3,7 milliards d'euros et la troisième 6 milliards d'euros. Des entités qui ont largement souffert de la crise financière et de leur incapacité à s'entendre pour créer un mastodonte européen. Projet remis au goût du jour avec la probable sortie d'Euronext du giron de Nyse à l'occasion de son rapprochement avec ICE. Il sera d'ailleurs intéressant de voir avec qui la place russe voudra nouer le plus naturellement des liens commerciaux, compte tenu de ceux déjà en vigueur avec Deutsche Börse, alors que les entreprises russes s'inscrivent plus volontiers sur la place londonienne.

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Commentaires
a écrit le 24/01/2013 à 13:08 :
Les russes ne devraient pas commettre la même erreur que nous, parce que c'est bien çà, le problème : on a privatisé et coté les Bourses, alors que ce sont par constructions des outils (importants) au service de l'intérêt général.
Et on voit le résultat aujourd'hui : des marchés organisés qui ne le sont plus, et des marchés parallèles sans surveillance. Bref : au nom du libéralisme, les politiques ont laissé se développer une jungle.
Ce qui a fait fuir les petits porteurs, et développé une culture absurde du contrôle du risque (: un non-sens en soi, déjà) chez les supposés investisseurs.
Qu'on ne s'étonne pas, ensuite, que la Bourse ne puisse plus faire ce à quoi elle sert : financer les entreprises.
a écrit le 21/01/2013 à 19:15 :
Ah les russes, tout un poème.... durs, imprévisibles, irrationnels et vicieux parfois pour une fin vertueuse. On ne les comprendra jamais totalement.
Laissons leur l'art, la science et les échecs et gardons le reste...

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