Wall Street esquisse un rebond à la veille de l'élection présidentielle américaine

La Bourse de New York, qui avait conclu vendredi avec sa plus lourde chute hebdomadaire et mensuelle depuis mars, se prépare à une semaine post-électorale très tendue voire chaotique. Mais aujourd'hui, à la veille de la dernière manche du match Biden-Trump, son rebond semble marquer l'espoir que, quel que soit le gagnant, "l'une de ses premières mesures sera probablement de faire de grosses dépenses pour un plan de relance, pour les infrastructures ou pour tout ce qui pourrait aider l'économie". En Europe, les bons chiffres du secteur industriel chinois (qui grimpe à un plus-haut depuis 2011) et de l'indice manufacturier de la zone euro redonnent confiance aux investisseurs.
(Crédits : Mike Segar)

La Bourse de New York évoluait en forte hausse lundi en début de séance, à la veille de l'élection présidentielle américaine et après la pire semaine pour Wall Street depuis mars.

Vers 13H50 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, montait de +1,22% à 26.824,17 points.

Le Nasdaq, indice à forte coloration technologique de la place new-yorkaise, avançait de +1,23% à 11.045,63 points et l'indice élargi S&P 500 de +1,22% à 3.309,82 points.

La Bourse de New York avait conclu vendredi sa plus lourde chute hebdomadaire et mensuelle depuis mars, préoccupée par la résurgence du virus et les tensions liées au scrutin présidentiel. Sur la semaine, le Dow Jones avait perdu 6,5%, le Nasdaq avait lâché 5,5% et le S&P avait reculé de 5,6%.

"Nous abordons une semaine marathon qui inclut une élection présidentielle, une réunion de la Réserve fédérale (mercredi et jeudi, ndlr), le dernier aperçu d'un marché du travail frappé par le coronavirus (vendredi, ndlr) et une autre salve de résultats trimestriels", décrit Art Hogan de National Holdings.

Pour l'expert, tous ces facteurs "ont le potentiel pour agiter les marchés, l'événement principal se déroulant mardi, lorsque les Américains vont décider s'ils réélisent le président Donald Trump ou soutiennent le démocrate Joe Biden."

Certains analystes doutent qu'un vainqueur soit annoncé dès mardi soir

L'ancien vice-président de Barack Obama devance M. Trump dans les sondages nationaux, mais les résultats pourraient être très serrés dans plusieurs Etats clefs et certains analystes doutent qu'un vainqueur soit annoncé dès mardi soir, ce qui pourrait ajouter de l'incertitude sur les places financières.

Selon JJ Kinahan de TD Ameritrade, "le marché est semblable à un bâton sauteur en rebondissant lundi matin après sa pire semaine depuis mars."

"Cet enthousiasme soudain à la veille de l'élection pourrait refléter le sentiment que, quel que soit le vainqueur, l'une de ses premières mesures sera probablement de faire de grosses dépenses pour un plan de relance, pour les infrastructures ou pour tout ce qui pourrait aider l'économie", ajoute l'expert.

VALEURS

Parmi les valeurs du jour, le groupe de cosmétiques américain Estée Lauder (+4,84%) grimpait après avoir agréablement surpris les marchés lundi, en annonçant des résultats meilleurs qu'attendu au premier trimestre de son exercice décalé grâce à une hausse des ventes de produits de soins de la peau.

Dunkin' Brands (+6,33%), qui chapeaute les chaînes de donuts et cafés Dunkin' et de glaces Baskin-Robbins, progressait après l'annonce vendredi soir de son rachat pour 8,8 milliards de dollars par Inspire Brands.

Le spécialiste des produits ménagers Clorox (+5,01%) s'appréciait après la publication lundi de résultats meilleurs que prévu, dopés par la hausse de ses ventes pendant les périodes de confinement.

Europe: ces indicateurs qui ont ramené l'optimisme sur les marchés

Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse lundi à la faveur de bons indicateurs économiques dans l'industrie, reléguant temporairement au second plan les incertitudes sur la pandémie et l'élection présidentielle américaine.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de +2,11% à 4.691,14 points. Le Footsie britannique a pris +1,43% et le DAX allemand a gagné +2,01%. L'indice EuroStoxx 50 a avancé de +2,03%, le FTSEurofirst 300 de +1,53% et le Stoxx 600 de +1,53%.

La séance avait bien commencé avec la publication d'un indice d'activité du secteur industriel chinois à un plus-haut depuis janvier 2011 sous l'effet d'une accélération de la demande intérieure.

La tendance positive s'est accentuée grâce à l'annonce d'une hausse plus nette que prévu de l'indice manufacturier de la zone euro à 54,8 en octobre, un pic depuis juillet 2018.

Aux États-Unis, la croissance de l'activité manufacturière s'est également accéléré le mois dernier, son indice se rapprochant d'un plus haut d'environ deux ans.

Au moment de la clôture en Europe, les trois indices majeurs de Wall Street gagnaient entre 0,36% et 1,72%.

Les incertitudes de l'élection américaine réduisent l'appétit pour le risque

Ces bonnes nouvelles macroéconomiques ont pris le pas sur les incertitudes concernant l'élection aux Etats-Unis.

Si les sondages au niveau national donnent le démocrate Joe Biden devant Donald Trump, la course est beaucoup plus indécise dans les Etats clés et le locataire de la Maison blanche pourrait bien contester les résultats en cas de défaite.

"L'élection approche et le verdict risque d'être retardé ou contesté, la tempête parfaite pour que l'appétit pour les actifs à risque diminue", a annoncé Erik Nelson, chez Wells Fargo.

Lire aussi : Match Trump/Biden, les (faux) espoirs des Européens

VALEURS : Fnac-Darty pénalisé par la fermeture de ses rayons librairie

Parmi les valeurs en baisse à la Bourse de Paris, Unibail-Rodamco-Westfield, numéro un mondial de l'immobilier commercial, a cédé 1,89% après avoir publié des résultats en baisse sur les neuf premiers mois de l'année et prévenu que le retour au confinement dans une partie de l'Europe pourrait peser au quatrième trimestre.

Le distributeur spécialisé Fnac-Darty a perdu 1,95%, pénalisé par la fermeture de ses rayons librairie.

Lire aussi : Reconfinement : le MEDEF veut faire rouvrir les commerces de proximité

En hausse, Sanofi a gagné 2,60% après l'annonce d'une offre d'achat sur la société néerlandaise de biotechnologie Kiadis Pharma (+249,4%).

DBV Technologies s'est envolé de +52,69% après la validation de sa demande d'autorisation de mise sur le marché du Viaskin Peanut par l'Agence européenne des médicaments.

En tête du Stoxx 600, Ocado a grimpé de 8,04% après avoir annoncé plusieurs acquisitions et révisé à la hausse son objectif d'Ebitda annuel.

CHANGES : prudence chez les cambistes

Malgré les indicateurs économiques supérieurs aux prévisions du jour, le dollar reste en légère hausse face à un panier de devises internationales, signe de la prudence des cambistes avec les inquiétudes liées à la politique aux Etats-Unis, à la pandémie, à l'approche de la réunion de la Réserve fédérale jeudi et du rapport sur l'emploi vendredi.

L'"indice dollar" avance de 0,13%. L'euro recule légèrement, à 1,1633 dollar.

TAUX

La prudence est manifeste sur le marché obligataire américain où le rendement des Treasuries à dix ans cède plus de deux points de base à 0,8417%.

PÉTROLE : le brut plonge avec la multiplication des restrictions

Les cours du brut remontent après avoir lourdement chuté en séance, plombés par les craintes pour la demande avec la multiplication des mesures restrictives en Europe. Le Brent prend 0,61% à 38,17 dollars le baril et le brut léger américain s'octroie 0,7% à 36,04 dollars. Ils ont respectivement perdu en séance jusqu'à 4,6% et 6%.

Lire aussi : Les reconfinements font chuter le prix du pétrole

(avec AFP et Reuters)

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Commentaire 1
à écrit le 03/11/2020 à 8:28
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San rebond marque surtout le fait que la planche à billets a encore fonctionné et c'est comme cela à chaque fois, de grâce nous sommes sur un site économique, nous ne sommes pas les téléspectateurs lobotomisés de BFMTV ! Enfin pas tous...

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