Cyberattaques russes : l’Europe frappe le FSB avec des sanctions inédites

Alexandre Bortnikov, directeur du FSB.
Reuters Marketplace - RPA for RNPS AYCE

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Face à la montée des menaces hybrides, Londres et Bruxelles affichent leur front commun. Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé lundi de nouvelles sanctions contre la Russie, accusant Moscou d’être à l’origine de cyberattaques visant à « semer le chaos et la division en Europe ».
La Grande-Bretagne a ciblé 24 individus et entités liés aux services de renseignement russes, tandis que l’Union européenne a dévoilé des mesures contre 13 personnes et organisations, parmi lesquelles des officiers du renseignement militaire russe (GRU).
« La menace est réelle, concrète, destructrice, tout le monde aujourd’hui en est convaincu », a assuré une source sécuritaire d’un pays de l’UE, soulignant le changement d’échelle perçu par les autorités européennes face aux opérations numériques attribuées à Moscou.
Pour la première fois, Londres et Bruxelles ont conjointement désigné les services de renseignement russes, et notamment le FSB, comme responsables d’une tentative d’attaque contre le réseau électrique polonais.
L’opération, attribuée au « Centre 16 du FSB », a finalement échoué, selon les autorités britanniques. Mais ses conséquences potentielles auraient pu être considérables : cette cyberattaque aurait pu priver 500.000 personnes d’électricité « en plein cœur de l’hiver ».
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Selon la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, ce même centre serait également impliqué dans des opérations de cyberespionnage menées depuis 2010 contre la France, visant des « entités gouvernementales stratégiques ». « Nous condamnons fermement le comportement de la Russie », a déclaré la responsable européenne, dénonçant le recours par Moscou à des cybercriminels, des hackers et des entreprises privées pour conduire ces opérations.
Au-delà des attaques informatiques, les Européens dénoncent une stratégie plus large mêlant espionnage, sabotage potentiel et actions clandestines. Pour Londres, ces opérations visent directement les infrastructures critiques et la sécurité des États membres.
« Qu’il s’agisse de diriger des criminels contre des entreprises ou de frapper le réseau énergétique polonais en plein cœur de l’hiver, l’État russe atteint de nouveaux sommets d’indignité dans ses tentatives de saper la sécurité européenne », a dénoncé la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper.
Cette nouvelle vague de sanctions s’inscrit dans un dispositif déjà largement renforcé depuis le début de la guerre en Ukraine. Le Royaume-Uni a déjà sanctionné quelque 3.400 individus et entités accusés de soutenir l’effort de guerre russe. De son côté, l’Union européenne a pris des mesures contre environ 2.700 personnes et organisations pour les mêmes motifs, ainsi qu’une centaine d’autres accusées d’avoir participé à des attaques hybrides contre l’UE.