ENTRETIEN – Depuis huit ans, Laurent et Isaure vivent une histoire d’amour qui leur colle au cœur et au corps. Malgré la différence d’âge et les mauvaises langues.Il aura attendu 77 ans pour trouver la réponse : oui, sa vie s’ra mieux une fois qu’il s’ra introspectif. Car jusqu’alors, il avait traversé sa vie sans vraiment s’interroger. Par précaution. Par déni aussi.
Au fil de douze mois de conversations cathartiques avec la chanteuse, écrivaine et compagne Isaure Le Faou, Voulzy a découvert Laurent, ce gamin à l’enfance bancale. Et il le raconte dans son autobiographie, Caché derrière (Cherche midi), sous la plume de la femme qu’il aime depuis huit ans. Elle a mis de la lumière sur son passé. Lui, de l’émerveillement d’habiter le présent. Il lui écrit des chansons – cinq dans son premier album.
Ensemble, ils travaillent à une comédie musicale, Jeanne. Pour La Tribune Dimanche, le couple poursuit cette conversation où chacun révèle un peu de l’autre.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Laurent, cette autobiographie vous a-t-elle fait l’effet d’une thérapie ?
LAURENT VOULZY — Je ne l’ai pas vécu comme une thérapie. Mais en relisant le livre, j’ai réalisé qu’Isaure m’avait sorti du déni. J’ai toujours traversé la vie sans vraiment l’analyser. Et grâce à son regard, j’ai compris des liens entre mon enfance et l’homme que je suis devenu. Ça m’a remué. Personne ne m’avait mis autant de lumière sur le cœur et sur l’âme.
ISAURE LE FAOU — Je voulais raconter un être humain, avec son rapport à l’enfance, à sa mère, au père, à tout ce qui nous construit. Est-ce que cet homme qui avait toujours avancé sans regarder son passé accepterait, à 77 ans, de reprendre le fil de son histoire ? Il restait parfois à la surface des choses, et moi, je ne lâchais pas. Avec douceur, mais aussi avec fermeté, comme on peut le faire avec les gens qu’on aime.