Introduction géante mais mitigée pour "l'Apple chinois" Xiaomi

Xiaomi IPO Lei Jun
Xiaomi
« Un moment historique ! L'introduction de Xiaomi à la Bourse de Hong Kong. Un moment de fierté pour nous tous ! » s'est félicité le fondateur et Pdg du fabricant chinois de smartphones Xiaomi, Lei Jun, sur Twitter. Huit ans après sa création, l'entreprise pékinoise, que l'on surnomme parfois le "Apple chinois", pour son sens de la com', son design et son packaging blanc, n'a pas réalisé l'entrée en Bourse flamboyante dont il rêvait mais tout de même : elle est valorisée près de 50 milliards de dollars, ce qui en fait la troisième entreprise cotée du secteur, très loin derrière Apple (923 milliards de dollars) et Samsung Electronics (260 milliards).
Il y a un an, Xiaomi rêvait d'une valorisation de 100 milliards de dollars et d'une levée de fonds de 10 milliards. Finalement, le groupe d'électronique n'en a levé que 4,7 milliards, en fixant le prix dans le bas de la fourchette initiale. Dès les premiers échanges, l'action Xiaomi a coté en repli de 6% par rapport à son prix d'introduction de 17 dollars (hong-kongais). Elle a terminé en recul de 1,18% à 16,80 dollars, soit une capitalisation de 375 milliards de dollars de Hong Kong (40,6 milliards d'euros environ).
La valorisation élevée demandée par Xiaomi serait aussi en cause, au-delà du contexte tendu sur les marchés asiatiques depuis plusieurs mois. L'indice de la Bourse de Hong Kong, le Hang Seng, est en retrait depuis janvier, en raison de l'escalade des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Mais ce 9 juillet, il était à la hausse.
Au prix d'introduction, Xiaomi affiche des multiples de près de 40 fois ses bénéfices 2018, contre 16 fois pour Apple. Xiaomi a écoulé plus de 28 millions de smartphones au premier trimestre, selon le cabinet spécialisé Strategy Analytics, ce qui le hisse au quatrième rang mondial des constructeurs, derrière Apple, Samsung et le chinois Huawei. Son dernier modèle, le Redmi, se serait vendu à 5,4 millions d'exemplaires sur le trimestre, se plaçant au cinquième rang, derrière les iPhone, mais devant le dernier Galaxy S9 Plus de Samsung.
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Xiaomi, qui aime se présenter comme une entreprise de l'Internet, et aspire aux multiples de valorisation élevés de ce secteur, alors qu'elle ne réalise qu'une faible part de son chiffre d'affaires dans la publicité et les jeux vidéo, n'a pas convaincu les investisseurs sur ce point. Ni le régulateur. Initialement, Xiaomi souhaitait s'introduire en même temps à Hong Kong et à la Bourse de Shanghai, où l'entreprise espérait émettre des CDR, des certificats de dépôt accessibles aux investisseurs domestiques chinois. Mais le fabricant de smartphones n'a pas répondu à la liste de 84 questions du régulateur chinois à temps pour tenir son calendrier d'entrée en Bourse. L'opération, annulée, aura peut-être lieu par la suite.
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Les autorités chinoises espéraient avec la mise en place des CDR le retour de grandes entreprises de la tech qui ont préféré se coter au Nasdaq comme Alibaba.