Marché: Richelieu plus prudent sur le marché actions
Cercle Finance
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(CercleFinance.com) - Peut-on casser l'inflation sans provoquer de récession? 'C'est vraiment la question que j'aimerais poser à un banquier central', assure Alexandre Hezez, actuaire, stratégiste & allocataire du groupe Richelieu, en cette rentrée 2023.
Si les politiques monétaires agressives des banques centrales ont permis de faire fléchir l'inflation, celle-ci reste toujours à des niveaux élevés, bien loin des objectifs.
'Faire passer l'inflation de 8 à 5% c'est un premier pas, probablement pas le plus difficile. En revanche, passer de 3,5 à 2%, c'est une autre paire de manches', souligne l'analyste.
Par conséquent, chez Richelieu, on estime qu'outre-Atlantique, la Fed devrait maintenir ses taux à un niveau élevé (5,5%), au moins jusqu'au second semestre 2024, voire jusqu'à 2025. Une mesure qui sera assortie d'une réduction de son bilan.
'Le cauchemar de Powell serait que l'inflation reparte, comme dans les années 1970', juge le spécialiste.
Sur le Vieux Continent, la BCE accuse plus de retard, Alexandre Hezez anticipe encore deux hausses de taux de 0,25 pb. 'Je ne vois pas de baisse de taux avant 2025. En tous cas, pas avant que l'inflation ne retombe à 2%', souligne-t-il.
Dans ce contexte, l'Europe s'expose à un retour du risque de stagflation. Et le récent plongeon des PMI sur le Vieux Continent n'a pas de quoi rassurer.
Paradoxalement, les marchés actions gardent pour l'instant des valorisations élevées, les investisseurs semblant faire fi des nuages noirs qui s'amoncellent.
Depuis plusieurs mois, les investisseurs ont ainsi adopté une approche étonnante : les indicateurs négatifs sur l'emploi sont favorablement reçus dans une optique 'good news is a bad news'. La raison? Le marché veut se persuader que si les données macroéconomiques se détériorent, les banques centrales réviseront leur politique monétaire.
Alexandre Hezez s'inscrit en faux, certain qu'il s'agit d'une erreur d'appréciation.
Prudente, la banque Richelieu a d'ailleurs abaissé ses perspectives sur les actions à court terme, passant de 'neutre' à 'sous-pondéré'.
De plus, alors que l'inflation avait profité aux marges des entreprises, l'érosion des prix pourrait impacter les bénéfices des sociétés.
Enfin, des regards interrogateurs se tournent aussi vers la Chine dont l'économie reste à la recherche de leviers de croissance. Pékin compte notamment sur les investissements étrangers mais devra aussi gérer sa devise et éviter la dévaluation. L'empire du Milieu pourrait ainsi se transformer en véritable 'trappe à liquidité' estime Alexandre Hezez.
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'Tant que la Chine ne démontre pas sa capacité à gérer la crise immobilière et à renouer avec une croissance pérenne, l'équilibre macroéconomique restera fragile', souligne-t-il.
La reprise chinoise sera un véritable 'game changer'. En cas de non-redémarrage de son économie, les risques de récession planeront. En revanche, la relance de Pékin pourrait ouvrir la voie à une nouvelle phase d'inflation...
Là encore, le couple récession-inflation sera au coeur des préoccupations. Avec un équilibre qui reste encore à trouver.
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