Taux: séance volatile, l'obligataire délaissé malgré Ukraine
Cercle Finance
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(CercleFinance.com) - Les marchés obligataires sont passés par un peu toutes les émotions, avec toutefois moins de véhémence que les marchés d'actions (le CAC est passé en moins de 6 heures de 6.633 à 6.834 points avant de retomber sur 6.800) mais finissent la journée dans le rouge.
C'est en quelque sorte bon signe: pas de mouvement massif de type 'risk-off' alors que d'une manière ou d'une autre, la situation s'est débloquée à l'Est, certes au mépris des accords de paix de Minsk (dans l'impasse depuis près de 7 ans) mais sans effusion de sang, sans qu'éclate 'le conflit le plus grave depuis 1945'... selon les prévisions alarmistes de Boris Johnson.
Vladimir Poutine a reconnu hier l'indépendance des 2 Républiques 'rebelles' de Donetsk et Laugansk (région du Donbass, à l'est de l'Ukraine) et déploie l'armée russe dans les deux régions afin d'y 'maintenir la paix'... tandis que Kiev réclame plus d'armes aux européens face à une 'invasion' (pour reprendre la terminologie de Washington).
La conclusion de tout ce qui précède, c'est que les bons du Trésor cessent de constituer des 'refuges': les T-Bonds sont inchangés vers 1,9300% (ils s'étaient détendus jusque vers 1,8700% ce mardi matin).
Les rendements se tendent nettement en Europe : le Bund se dégrade de +3,2Pts à 0,2320%, nos OAT de +3Pts à 0,726% (après 0,77% dans l'après-midi).
Plus au Sud, les BTP prennent +7,7Pt à 1,93%, les Bonos espagnols +5Pts à 1,268%.
Outre Manche, lourde chute des 'Gilts' avec un rendement qui se tend de +9,5Pts vers 1,4760%.
Les marchés obligataires doivent tenir compte d'une nouvelle donne : l'ouverture du gazoduc Nordstream II entre la Russie et l'Allemagne étant repoussée aux calendes grecques par le Chancelier Olaf Scholz, les besoins en énergie de l'industrie germanique excèdent l'offre depuis des mois : le prix de l'électricité crève tous les plafonds en Europe.
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Les cours du pétrole également : le baril de brut léger américain (WTI) bondit actuellement s'approche des 95 dollars (un nouveau plus haut depuis le printemps 2014), le Brent a fusé vers 99,5$ à Londres (il revient vers 96,5$ ce soir).
L'actualité géopolitique relègue évidemment au second plan les indicateurs économiques du jour: ils ne vont pas calmer les craintes sur l'inflation avec une hausse de +18,6% des prix de l'immobilier aux Etats Unis en janvier selon l'indice S&P Case-Shiller (les économistes tablaient sur une hausse annualisée de seulement +18% après +18,3% en novembre.
La croissance de l'activité du secteur privé aux Etats-Unis accélère sensiblement en février, à en croire l'indice PMI composite d'IHS Markit, qui ressort à 56 en estimation flash, contre 51,1 en donnée définitive pour le mois précédent: là encore, la demande d'énergie va demeurer soutenue.
La confiance des consommateurs du Conference Board baisse légèrement en février de 111,1 à 110,5, mais moins que prévu (consensus : 109).
En revanche, la composante 'jugement de la situation actuelle s'est améliorée, passant de 144,5 à 145,1.
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