Diversité et spiritualité en entreprise : comment changer de paradigme ?
Renaud Sornin
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Comme un enfant imite ses parents, l'entrepreneur a tendance à reproduire les schémas de ses expériences passées ou du monde qui l'entoure. Par mimétisme, il tend donc à associer le talent à l'image type de l'homme, blanc, diplômé d'une grande école. Grossière erreur. Pour innover véritablement - et non pas en appliquant les seules recettes d'une école d'ingénieurs ou de commerce -, il faut miser sur la diversité. Les études le prouvent(1). Les équipes constituées de personnes atteintes de handicap et/ou issues d'origines, de cultures, de milieux sociaux, d'âges et de sexes différents sont les plus créatives. Elles savent sortir des sentiers battus et produire des idées moins formatées, plus originales, voire totalement disruptives. En travaillant de manière collaborative, elles subliment non seulement les formes d'organisation reposant sur l'individualisme, mais aussi une certaine uniformité inhérente à notre vision entrepreneuriale capitaliste.
Quand une entreprise se dit "libérée", elle invite chacun de ses collaborateurs à prendre conscience des jeux et des blocages liés aux égos, à cultiver la confiance et le lâcher-prise. Elle offre un environnement de travail propice à l'épanouissement. Tant sur le plan physique : aménagement des locaux, confort, ergonomie, etc. Que sur le plan spirituel. Chaque individu, avec sa culture, ses convictions, sa spiritualité, ses pratiques... est unique. L'entreprise ne peut exiger qu'il laisse sa dimension spirituelle au vestiaire. Mais elle doit trouver un équilibre entre les besoins de chacun, une forme d'harmonie collective et ses impératifs économiques. Ainsi, pour éviter tout débordement ou dérive sectaire et maintenir sa compétitivité, elle doit convenir de règles. Celles-ci reposent principalement sur l'empathie et la confiance mutuelles.
D'un côté, l'entreprise respecte la liberté et la demande individuelles (port du voile, prière, jeûne, méditation, etc.), tout en imposant la prise en compte de la réalité économique, de sa propre identité et de ses valeurs. Ainsi, le collaborateur souhaitant exprimer sa spiritualité au sein de l'entreprise doit comprendre les appréhensions de ses collègues et de sa direction. À l'inverse, ceux-ci ont la charge d'évaluer la place occupée par la spiritualité dans l'épanouissement du collaborateur. Mais attention, si l'accord (établi au cas par cas) ne parvient pas à être mis en œuvre, il est alors considéré comme caduc car dans cette démarche, là encore, le collectif prévaut sur l'individualisme.
Renaud Sornin
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