« L'Afrique francophone est à la traîne », « L'Afrique francophone décroche par rapport à l'Afrique anglophone », « La création d'une entreprise est plus facile au Nigéria qu'au Sénégal », ...le décalage entre ces deux zones linguistiques du continent n'est plus à démontrer, tellement études, observateurs et experts ont argué dans ce sens.
Alors que ces dernières années l'Afrique francophone est en pleine effervescence entrepreneuriale -la création d'entreprise ayant fait ses preuves de catalyseur du développement- des avancées considérables se font évidentes, mais il n'en demeure pas moins que de nombreux pays d'Afrique francophone ont du chemin à parcourir avant de prétendre rivaliser avec leurs voisins anglophones. Ce que le conseiller du commerce extérieur de la France et expert Afrique anglophone au Conseil français des investissements en Afrique (CIAN), Jacques Manlay, n'est pas prêt d'infirmer :
Ainsi en matière d'entrepreneuriat, les francophones ont des leçons à prendre chez leurs amis anglophones.
Il s'agit pour l'Afrique francophone de s'ouvrir davantage au reste du monde. L'expert reconnait certes que l'anglais est « un gros avantage » pour les pays africains qui l'ont pour langue officielle, mais les pays d'Afrique francophone pourraient trouver en cela l'opportunité d'étendre leurs horizons. « Le périmètre géographique de la langue anglaise est le plus important et les francophones doivent s'y intéresser sans complexe, même si la culture business est différente et demande un effort d'adaptation. Des opportunités existent et les francophones doivent être partout... »
En matière d'entrepreneuriat en Afrique francophone, le bât blesse encore au niveau procédural. « Le système anglo-saxon est d'une façon générale plus pragmatique et plus caractérisé par la culture du résultat. De ce fait, l'aspect administratif est plus réduit et l'entrepreneur a plus de temps à consacrer au cœur de son business », explique Jacques Manlay, avant d'ajouter :
L'expert regrette que dans les pays francophones, l'échec d'un projet soit souvent synonyme d'incapacité.
Par ailleurs, l'expert conseille aux entrepreneurs francophones de prendre exemple sur leurs homologues anglophones en considérant notamment les risques consentis par ces derniers afin d'agir en conséquence et ce, « même si l'environnement des affaires dans les pays francophones est plus encadré ». « De toutes les façons, on parle de globalisation, les cultures business se rapprochent et les francophones en sont des acteurs. L'évolution des mentalités se fait, aidée par l'irruption des nouvelles technologies qui ont effacé le clivage habituel francophones/anglophones par leurs applications », commente-t-il.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Grâce d'ailleurs aux technologies de l'information et la communication, de plus en plus de francophones au parfum du dynamisme des gens en Afrique anglophone, y tentent l'aventure entrepreneuriale avec plus ou moins de succès. « L'essentiel est de se dire : ''Je ne suis pas trop bon, il faut que je m'améliore''. C'est le meilleur aiguillon pour un entrepreneur », conclut l'expert.
Créer un corridor de "technologie et d'innovation" : pourquoi l'UM6P s'implante aux Etats-Unis
Président élu d’Afreximbank, le Camerounais George Elombi mise sur l’industrialisation
Sidi Ould Tah, « un doer » élu président de la Banque africaine de développement
« L’Afrique et l’Europe peuvent créer une synergie gagnante » (Mohammed Dewji)