Femmes en sciences : « L'économie privée ne peut pas tout » (Alexandra Palt)
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LA TRIBUNE AFRIQUE - Le prix For Women in Science a été initié il y a 15 ans. Quel bilan faites-vous de cette initiative ?
ALEXANDRA PALT - Je dirais d'emblée que nos lauréates ont généralement un profil particulier. Elles ont surmonté des obstacles et ont des histoires de vie qui leurs confèrent une certaine profondeur. For Women in Science fête en effet ses 15 ans cette année et c'est l'occasion de faire un bilan. Nous avons interrogé les lauréates pour connaître l'impact que le prix a pu avoir sur leur parcours. Et à 95%, elles estiment que cela leur a apporté confiance, opportunité et visibilité. Cela nous incite à poursuivre nos efforts.
Les travaux de ces femmes en science sont aussi divers que novateurs. Comment le choix des projets primés est-il déterminé ?
Il est important de souligner nous ne soutenons pas des projets de recherches, mais des femmes scientifiques qui font de la recherche en STEM. Et cette différence détermine notre action parce qu'en soutenant des femmes, nous soutenons leur développement. C'est la raison pour laquelle en plus du prix que nous leur décernons, elles bénéficient d'une formation - autour du leadership, de la négociation, du media training, de la communication...- qui leur permet de se développer en tant que dirigeante et leader en dehors de la science qui est déjà pour elles, un acquis.
La science a toujours été un moteur de développement dans le monde. Lorsque vous regardez ce que les femmes scientifiques accomplissent en Afrique malgré les différents contextes auxquels sont confrontées, comment appréciez-vous la situation par rapport à d'autres régions, notamment l'Europe ?
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Les femmes scientifiques affrontent partout dans le monde des obstacles supplémentaires aux hommes parce que les femmes partout dans le monde, elles sont confrontées à de la discrimination, aux stéréotypes, etc. En Afrique cependant, il y a quand même des freins supplémentaires. En Afrique subsaharienne notamment, il y a aussi le combat pour la science et pour la place de la science dans la société. Il y a un très faible investissement dans la recherche scientifique en Afrique, soit environ 0,5% du PIB comparé à 2,5% et quelquefois 4% en Europe et aux Etats-Unis et en Corée du Sud. Il existe donc vraiment un total décrochage dans la mise à disposition d'installations scientifiques, de financements, d'équipements et aussi de la place de la science comme perspective de carrière, comme parcours de carrière. Donc, les femmes scientifiques sur le continent africain ne font pas juste face aux inégalités de genre, mais aussi à la dévalorisation de la science et des parcours scientifiques. Elles doivent alors se battre pour pouvoir faire de la science et pour fair de la science en tant que femmes. Elles sont donc particulièrement méritantes et particulièrement résilientes et persévérantes.