« Nous sommes en Afrique et je crois que le concept de croissance partagée est un concept qui, pour moi, sied parfaitement à notre continent et au type de capitalisme que nous devons encourager afin que les enjeux humains et économiques soient relevés tel qu'il faut », confie Patrick Ehode dans un entretien avec La Tribune Afrique. A 31 ans, cet entrepreneur camerounais fait la une de la presse locale depuis avril dernier après avoir presque révolutionné le transport urbain en commun avec « Taxi Vairified », une marque qu'il développe à travers sa startup Vairifed.
Le concept ? Une application mobile qui permet aux usagers de commander un taxi « sécurisé » pour leurs déplacements urbains, moyennant 500 FCfa pour un dépôt partagé et 1500 FCfa pour un dépôt classique.
Grâce à cette application, l'usager peut scanner l'identifiant du taxi, obtenir les informations sur le chauffeur, le véhicule et consulter les commentaires des précédents passagers. Le but pour la startup ? Restaurer la confiance. « Cela permettra par ricochet l'accroissement des recettes des taxis qui touchent plus de 10 000 personnes, de réduire le risque et les dépenses des passagers et participer justement au renouvellement du parc automobile », explique M Ehodé.
La marque « Taxi Vairified » étant en service depuis le 20 avril dernier, la jeune startup a réussi à convaincre les autorités de la ville de Douala et le ministère du transport qui sont officiellement partenaires du projet dans la capitale économique camerounaise. Pour l'occasion, une cérémonie a eu lieu le 19 septembre dernier, en marge des préparatifs de la CAN féminine 2016, donnant lieu à la mise en circulation de 250 taxis.
Le principe : chaque taxi est enregistré gratuitement à condition, pour son détenteur, d'avoir toutes les pièces administratives conformes. Le service Vairified lui octroie ensuite un abonnement mensuel moyennant 2 000 Fcfa. « Ces professionnels ont alors accès au suivi administratif, aux alertes, à la clientèle Vairified, à la possibilité de faire du transport d'enfants, de cadres et bénéficier d'une rémunération mensuelle récurrente supplémentaire », détaille le concepteur de la marque.
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Exigeant au travail, Patrick Ehode ne manque pas de mobiliser son équipe de 15 personnes, dont certaines à temps partiel, repartie au Cameroun, en Côte d'ivoire, France et Angleterre. D'ailleurs cette répartition géographique de son équipe lui permet d'exporter « Taxi Vairified ». Après Douala, l'application est disponible à Yaoundé et la startup prospecte déjà Limbé (Sud-ouest) et Maroua (Extrême nord). Au-delà des frontières camerounaises, « Taxi Vairified » fait ses débuts à Abidjan et lorgne déjà d'autres pays africains, au Maghreb notamment.
Et six mois après son lancement, la startup dit obtenir des résultats probants. « On a une nette amélioration des revenus des 420 chauffeurs de taxi avec qui nous travaillons, ce qui impacte directement 2100 personnes », détaille M. Ehode. De plus, « nous avons transporté sans incident, rien dans la ville de Douala 500 000 personnes de toutes les couches sociales y compris celles qui, auparavant, ne faisaient pas confiance au taxis jaunes tels qu'ils existent chez nous ou à New York ».
A la question de savoir si Vairified est un Uber à la camerounaise, l'entrepreneur répond :
Diplômé en Génie Logiciel de l'Université Adventiste Consendai au Cameroun où il a brillé en tant que major de promotion et titulaire d'un diplôme de Financial management obtenu à Londres, Patrick Ehode a tourné le dos à une carrière prometteuse dans une multinationale leader mondial dans son secteur, pour se consacrer à l'entrepreneuriat. Son rêve : contribuer à la construction d'une société « non pas seulement avec le dirigeant de rêve mais aussi avec une population responsable, travailleuse et déterminée à construire puis conserver ses acquis sociaux ». Et ce, pas uniquement au Cameroun, mais aussi dans tous les pays qui accueilleront « Taxi Vairified ».
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